Cameroun (IQNA)- Le calvaire des étudiants en théologie

8:23 - June 18, 2007
Code de l'info: 1554498
Orientés vers des études de théologie plutôt que vers des disciplines techniques, d’anciens boursiers camerounais des universités arabes peinent à trouver du travail à leur retour.
Pour Cheik Mahamat Al Bachir, 35 ans, la reconversion est rude. Au chômage, ce titulaire d'un doctorat en études coraniques et littérature arabe est aujourd'hui médium et guérisseur dans une pièce mal éclairée du quartier Akwa, à Douala.
Bénéficiaire d'une bourse de l'Arabie Saoudite après son baccalauréat, il a étudié pendant huit ans à l'université islamique de Médine.
De retour chez lui, il a enseigné pendant quelques années pour un salaire modeste payé un mois sur deux.
Désormais, il vit de l'argent que lui rapportent les cours du soir qu'il donne pour moins de 50 000 Fcfa par mois dans un centre d'apprentissage de l'arabe et du Coran. Pour joindre les deux bouts, Cheik Mohammad Al Bachir est donc aussi médium et guérisseur, des dons qu'il affirme avoir hérités de son grand-père.
Autrefois sélectionnés par l'Association islamique du Cameroun (ASIC), les boursiers sont depuis une dizaine d'années recrutés directement par les pays donateurs à travers leur représentation diplomatique sur place ou via des émissaires.
Ceux qui sont retenus, intègrent un lycée ou une université arabe. Mais tout dépend de leur niveau de départ. Les bourses seraient dès le départ orientées vers la théologie par les pays donateurs.
Un cursus inadapté aux besoins du marché du travail local. Face à des universités arabes de plus en plus tournées vers la seule promotion de l'islam (certaines ne proposent plus que des bourses pour les sciences islamiques), certains étudiants, une fois arrivés sur place, suivent en parallèle d'autres cours (littérature française, informatique, etc.) dans d'autres établissements.
Pour l'heure, les possibilités de reconversion restent réduites. Et la plupart s'en remettent donc à la solidarité de leur communauté.
Toutefois, malgré les difficultés rencontrées par leurs aînés, les jeunes musulmans camerounais sont toujours aussi attirés par les bourses proposées. A leurs yeux, celui qui parle, écrit l'arabe ou dirige des prières est quelqu'un de respecter.

Source: IINA
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