Salman Fredich Rushdie quitte son pays à l'âge de 14 ans pour vivre au Royaume-Uni. Il y étudie dans les universités de Rugby et de Cambridge.
Sa carrière d'écrivain a commencé avec Grimus, un conte fantastique, en partie de science-fiction, ignoré de la critique littéraire. Puis, en 1981, son roman, Les Enfants de minuit (Midnight's Children), souvent considéré comme sa meilleure œuvre à ce jour, l'a rendu célèbre. Ce roman a obtenu le Booker Prize en 1981 et a été récompensé comme le meilleur roman ayant reçu ce prix au cours des 25 dernières années.
Après ce succès, Rushdie a écrit un court roman, La Honte (Shame), dans lequel il décrit l'agitation politique au Pakistan en basant ses personnages sur Zulfikar Ali Bhutto et le général Muhammad Zia-ul-Haq.
Rushdie est très influencé par la littérature moderne. Les Enfants de minuit emprunte des thèmes du Tambour du roman de Günter Grass, dont Rusdhie déclare qu'il a inspiré sa volonté de devenir écrivain. Le roman Les Versets sataniques qui a évoqué la colère des musulmans du monde entier, est aussi clairement influencé par le roman classique russe Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.
Rushdie a reçu de nombreuses distinctions dont le Prix littéraire de l'Union européenne. Il est aussi membre de la Royal Society of Literature et commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres. Rushdie est président du PEN American Center. Son dernier livre, Shalimar le Clown, publié en septembre 2005, a été finaliste pour le Whitbread Book Awards.
En 2004, il s’est marié (pour la quatrième fois) avec la top-model et actrice indienne Padma Lakshmi.
Rushdie s'oppose au projet du gouvernement britannique d'introduire en droit le crime de haine raciale et religieuse, ce qu'il a exposé dans sa contribution La libre expression n'est pas une offense, un recueil d'essais publié par Penguin en novembre 2005.
La publication des Versets sataniques en septembre 1988 a déclenché immédiatement une vive réaction dans le monde islamique en raison de sa description jugée injuste du prophète Mahomet. Le livre décrit un prophète de Dieu nommé « Mahound » qui mélange des « vers sataniques avec le divin » et c’est pourquoi les musulmans sont contre ses idée incorrectes.
L’Inde a banni le livre dès le 5 octobre ; l’Afrique du Sud a fait de même le 24 novembre. Le Pakistan, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Somalie, le Bangladesh, le Soudan, la Malaisie, l’Indonésie et le Qatar ont suivi dans les semaines suivantes. Le 14 janvier 1989 le roman a été l'objet d’un autodafé à Bradford au Royaume-Uni. Le 12 février, cinq personnes ont été tuées par la police pendant une manifestation contre la production de ce livre à Islamabad.
Le 14 février 1989, une fatwa réclamant l’exécution de Rushdie a été proclamée sur Radio Téhéran par l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, guide de la révolution de l’Iran dénonçant le livre comme « blasphématoire » envers l’Islam. Comme le roman suggère que Rushdie ne croit plus en l’Islam, l’Ayatollah Khomeiny l’a aussi condamné pour apostasie, ce qui selon le Hadith est passible de mort. L’Ayatollah Khomeiny précisa alors que c’était la responsabilité de tout musulman d’exécuter Rushdie et ses éditeurs :
« Au nom de Dieu tout puissant. Il n'y a qu'un Dieu à qui nous retournerons tous. Je veux informer tous les musulmans que l'auteur du livre intitulé « Les versets sataniques », qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l'Islam, au prophète (SAWA) et au Coran, aussi bien que ceux qui l'ont publié ou connaissent son contenu, ont été condamnés à mort. J'appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement, où qu'ils les trouvent, afin que personne n'insulte les saintetés islamiques. Celui qui sera tué sur son chemin sera considéré comme un martyr. C'est la volonté de Dieu. De plus, quiconque approchera l'auteur du livre, sans avoir le pouvoir de l'exécuter, devra le traduire devant le peuple afin qu'il soit puni pour ses actions. Que Dieu vous bénisse tous. » Rouhollah Musavi Khomeiny.
A la suite de cette déclaration, une récompense a été offerte pour la mort de Rushdie, qui a été contraint de vivre dès lors sous une protection financée par les autorités britanniques. En 1998, le gouvernement iranien dit qu'elle ne pouvait être annulée selon la loi islamique.
En 2003, l'ayatollah Hassan Saneii, à la tête de la fondation du 15 de Khordad (Bonyad-e punzdah-e khordad), soumise à l'autorité du Guide de la révolution de l'Iran), a dit qu'il faisait passer la récompense pour la mort de Rushdie de 2,8 millions de dollars à 3 millions de dollars.
Le 24 février, cinq personnes ont été tuées par la police lors d'une manifestation devant le consulat britannique à Bombay. Plusieurs autres personnes sont mortes en Égypte et ailleurs. Des communautés musulmanes organisèrent des autodafés publics. En 1991, le traducteur japonais de Rushdie Hitoshi Igarashi a été poignardé et tué à l'université de Tsukuba, province d'Ibaraki, où il enseignait ; son traducteur italien a été battu et poignardé à Milan. En 1993, à Oslo, on a tiré sur l'éditeur norvégien de Rushdie, William Nygaard, qui a été gravement blessé. Trente-sept personnes sont mortes lorsque leur hôtel à Sivas en Turquie a été incendié par des manifestants contre Aziz Nesin, le traducteur turc de Rushdie.
Le musicien pop Yussuf Islam (Cat Stevens) déclara être lui-même opposé aux écrits de l'écrivain et ne montrer aucune opposition à la fatwa. La controverse soulevée par cette déclaration le poussa à préciser dans un communiqué qu'il n'encourageait pas personnellement l'application de la fatwa (appelant à l'assassinat de Salman Rushdie).
Après la mort de l’Ayatollah Khomeiny en 1989, Rushdie a publié un essai en 1990, De bonne foi en signe d’apaisement et a publié des excuses dans lesquelles il a réaffirmé son respect pour l’islam.
La fondation des martyrs (Bonyad sous l'autorité du guide de la révolution de l'Iran) a réitéré la validité de la fatwa en février 2006 : « La fatwa de l'imam Khomeiny à propos de l'apostasie de Salman Rushdie restera en vigueur éternellement », affirme la fondation par communiqué de presse (14 février 2006, exactement 18 ans après la fatwa annoncée par l »ayatollah Khomeiny).