Le cardinal Tauran, un Bordelais de 64 ans, succèdera le 1er septembre à ce poste à un autre Français, le cardinal Paul Poupard, 77 ans, qui cumulait depuis février 2006 cette fonction avec celle de président du Conseil pontifical pour la culture.
Avec la nomination du cardinal Tauran, Benoît XVI restitue au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux toute son autorité et corrige ainsi cette réorganisation qui s'est avérée lourde de conséquences dans les rapports de l'Eglise avec le monde musulman.
Jean-Louis Tauran, que Jean Paul II avait fait cardinal en octobre 2004, a derrière lui une longue carrière de diplomate au service de l'Eglise catholique et a notamment été "ministre des Affaires étrangères" du Vatican de 1990 à 2003.
A ce poste, ce conservateur pragmatique s'est rendu sur tous les points chauds du monde. C'est également une fin connaisseuse de la secrétairerie d'Etat, le gouvernement de l'Eglise.
Il était depuis quatre ans en charge des archives et de la bibliothèque du Vatican, un des postes les plus prestigieux de la Curie.
La fusion du service en charge du dialogue interreligieux avec celui de la culture avait coïncidé avec le départ de son président, l'archevêque britannique Michael Fitzgerald, nommé nonce apostolique en Egypte et délégué auprès de la Ligue arabe.
Le départ de Mgr Fitzgerald, bon connaisseur de l'islam et très apprécié de ses interlocuteurs, avait été interprété comme une mise à l'écart et le signe de la volonté du pape d'avoir une autre approche, plus exigeante et plus méfiante, du dialogue avec le monde musulman engagé sous son prédécesseur Jean Paul II.
Mais en septembre 2006, le Vatican a dû gérer dans l'improvisation la crise née du discours de Benoît XVI à Ratisbonne (Allemagne), dans lequel quelques phrases sur les rapports de l'islam à la violence et à la raison avaient joué le rôle de déclencheur.
Devant les condamnations de ces propos par des dignitaires musulmans du monde entier et des manifestations dans plusieurs pays, le pape avait exprimé ses "regrets", affirmant qu'il avait été mal compris.
En mai dernier, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Saint-Siège, avait déjà annoncé que le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux redeviendrait un service distinct de la curie romaine.
Source: Romandie news