L’Université Islamique de Gaza

13:49 - July 02, 2007
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Palestine (IQNA)- L’université islamique de Gaza est le fief du Hamas, le lieu où ont été formé la plupart des cadres de ce parti islamique et réactionnaire.
LA petite librairie du foyer des étudiants, située au sous-sol de l’université islamique de Gaza, fournit tout ce dont l’élève modèle palestinien a besoin : des stylos, crayons et bloc-notes en passant par les livres d’étude.
Mais elle se distingue d’une simple université en proposant aussi de quoi compléter l’éducation de la jeunesse de Gaza : des DVD dédiés aux «martyrs» du Hamas tombés dans des opérations anti-israéliennes ou aux Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement, les discours enflammés des dirigeants musulmans, ou des livres retraçant le parcours de leur chef spirituel, Cheikh Ahmed Yassine.
L’université islamique de Gaza est l’épicentre du tremblement de terre politique qui a secoué l’Autorité palestinienne le 25 janvier dernier avec la victoire surprise du Hamas aux élections législatives. La plupart des cadres du mouvement, morts ou vivants, y ont étudié ou enseigné. En 27 ans d’existence, le campus rudimentaire de l’université islamique, où l’on enseignait à l’origine sous des tentes, s’est transformé en une école respectable comptant quelque 17.000 étudiants.
Le savant mélange de politique et de religion a fait de ce campus le vivier du Hamas. Ismail Haniyeh, le premier ministre désigné du futur gouvernement Hamas, y a étudié, ainsi que Mohammed Deif, le chef des Brigades Ezzedine al-Qassam.
Devenue le fief du Hamas après la scission avec le Fatah, l’université islamique dispensait uniquement l’apprentissage de la charia et du Coran. Puis, au fil des années, l’enseignement est devenu multidisciplinaire.
Officiellement le cheikh Ahmed Yassine ne faisait pas partie des fondateurs de l’établissement. «Mais il avait ses hommes à l’intérieur. Il était le guide spirituel de la faculté, explique Salam Salamé, l’un des enseignants et fondateurs de l’université et nouvel élu du Hamas. On y apprend la culture et la discipline.»
Et, en 1987, après le début de la première intifada, les autorités israéliennes ferment l’établissement.
Planté sous un poster du «martyr» Adnan al-Goul, l’inventeur des roquettes artisanales Qassam, tué dans un raid israélien, un étudiant en anglais tend son DVD préféré, en vente au foyer. «Le film raconte la vie de Khaled Abou Salmiyeh, il était étudiant en religion ici, dit-il. Ensuite il est devenu l’un des chefs des Brigades Ezzedine Al-Qassam et il est mort dans une opération martyre.». Le commentaire vante sa discipline exemplaire, son «éducation parfaite» fondée sur la connaissance du Coran. Un autre «documentaire» retrace les actions les plus «glorieuses» des Brigades Ezzedine al-Qassam. On y montre notamment les ateliers de fabrication de roquettes et de mortiers artisanaux et l’on y enseigne de façon détaillée comment fabriquer ces armes.
L’université s’est développée grâce à l’aide internationale, provenant essentiellement du monde arabo-musulman, mais aussi de pays européens et des Etats-Unis. Le géant américain du processeur Intel investit cette année un million de dollars dans l’enseignement de l’informatique dans l’université.
Les bâtiments aux couleurs blanc et vert et les cours ombragées plantées de palmiers sont un havre d’ordre et de tranquillité dans le chaos de Gaza. Mais l’université est aussi le reflet de l’islamisation fulgurante de la bande de Gaza, transformée en prison à ciel ouvert depuis le début de la seconde intifada en septembre 2000. La tenue islamique correcte est de rigueur : voile pour les filles, vêtements discrets pour les garçons. Hommes et femmes sont séparés par des parois métalliques, qui passent entre les bâtiments. Tous les cours sont dispensés en double, pour garantir une séparation totale.
On notera qu’y règne l’apartheid sexuel, la séparation entre hommes et femmes, y compris en Cisjordanie.
Source: Le figaro
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