Situation des instituts islamiques au Sénégal

10:59 - July 09, 2007
Code de l'info: 1560913
Sénégal (IQNA)- La ferme engagement politique de l’Etat et de ses partenaires pour assurer à tous les enfants musulmans une éducation de qualité n’est pas encore concrétisée pour les nombreuses institutions éducatives alternatives de Linguère.
Parents, maîtresses et maîtres d’arabe, imams ne cessent de s’interroger sur la marginalisation dont sont victimes les pensionnaires des écoles arabo-islamiques qui ne bénéficient pas de subventions publiques pour l’acquisition des intrants de base encore moins de soutien pour améliorer les infrastructures et les équiper.
Les fins d’années passent et se ressemblent au niveau des nombreuses écoles qui assurent l’initiation coranique et à la vie selon les préceptes de l’Islam et de la tradition prophétique aux enfants de la tranche d’âge comprise entre 3 et 6 ans dans le département de Linguère. Il est une tradition dans ces écoles d’organiser à la fin de chaque année scolaire une cérémonie qui consacre les apprentissages de leurs auditeurs et auditrices en présence des familles et de nombreux invités.
Cette année encore les responsables de ces institutions ne parviennent pas à dissimuler leurs frustrations et leurs déceptions vis-à-vis des autorités académiques, administratives et politiques qui se sont manifestées par leur absence à ces moments de communion des apprenants et de leurs maîtres avec les familles et les responsables temporels de la communauté.
M. Momar Talla Sine, imam de la mosquée de Thiély Nord ,après plusieurs décennies dans les classes en tant que maître dispensant l’enseignement de l’arabe et fondateur de nombre de ces daaras qui se développent dans les villages et les communes de Dahra et Linguère pose sagement le problème :" Vous, les journalistes, vous avez une responsabilité à véhiculer le message en direction des familles afin qu’elles envoient leurs enfants dans ces écoles où ils seront initiés au Saint Coran et apprendront les règles et les pratiques cultuelles de base de leur religion mais également en direction des autorités qui doivent les appuyer." S’agit-il de faire passer un message ou de demander qu’une lecture et une appropriation intelligentes soient faites de la lettre de politique générale pour le secteur de l’éducation et de la formation (LPGE) en rapport avec les textes de la décentralisation qui transfèrent ces compétences aux collectivités locales ?
Selon M. Samab Kambèle, responsable d’une école arabo-islamique qui accueille des enfants à partir de 3 ans et les garde jusqu’à l’âge du primaire des initiatives sont prises invitant les autorités académiques, administratives et politiques à rehausser de leur présence ces cérémonies ou cherchant des soutiens matériels et logistiques afin de pouvoir accueillir davantage d’enfants sans grand succès :" Cette année nous avons connu un déficit de tables-bancs pour les petits enfants et la plupart de nos étudiants qui sont en fin de cycle primaire dans les villages et la commune de Linguère n’ont pas eu de place pour les cours au niveau de l’unique collège qui se trouve dans la mosquée de Thiély Nord." En effet c’est une salle de prières initialement réservée aux femmes qui fait office de salle de cours pour ces filles et garçons titulaires du certificat arabe qui n’ont aucune autre issue pour poursuivre leurs études.
Sa collègue, Ramatoulaye Lecor n’est pas plus heureuse : les centaines d’enfants de 3 à 6 ans qui " lui sont confiés pour leur donner les fondamentaux de notre religion" selon les mots d’Abdoulaye Faye, maçon de son état venu " remercier et féliciter ces enseignants engagés à la cause de l’Islam et de nos enfants" s’entassent dans des locaux exigus et elle a eu recours au surplus de tables et de chaises du Service d’Entraide Scolaire pour boucler l’année. Toutes ces écoles déplorent le manque d’intérêt des autorités pour ces initiatives.
La prestation des enfants ce dimanche dans l’enceinte de l’Ecole de Ramata Lecor de Linguère, contrairement aux apparences et aux préjugés montre la détermination, la lucidité, la pertinence et l’efficacité des éducateurs alphabétisés en arabe et qui dispensent un enseignement qui satisfait entièrement les parents massivement venus les féliciter et encourager leurs pupilles.
Entre 3 et 6 ans, ils ont répondu à des questions sur la vie du Sceau des Prophètes ( PSL) et restitué sans faute les sourates enseignées. Ils ont également démontré à leurs familles comment un musulman doit se comporter au quotidien dans ses activités les plus banales comme ce qu’il faut dire avant de sortir de la maison et au retour, pour manger et après avoir mangé, la tenue à observer à l’endroit des parents et des autres ; le comportement vestimentaire, le respect des voisins, le devoir de solidarité et de vérité....

Source: sudonline.sn
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