Malgré la loi de 2003 interdisant le port des signes religieux à l'école publique, la multiplication annoncée des écoles musulmanes n'a pas eu lieu. En plus de La Réussite, l'Éducation nationale en comptabilise trois : l'école primaire Taalim-al-Islam, ouverte en 1990 à la Réunion, le lycée Averroès, ouvert en 2003 à Lille, et le collège-lycée al-Kindi, fondé cette année à Décines. Soit quelques centaines d'élèves. Selon l'Union des organisations islamiques de France deux autres projets pourraient voir le jour : une 6e à Vitry-sur-Seine, pour laquelle « les autorisations sont en cours » ; une autre à Marseille, « mais pas à la rentrée ».
Ces initiatives, toutes le fait d'associations privées, gênent Me Hafiz, délégué général du Conseil français du culte musulman et représentant de la Mosquée de Paris (modérée). « Les associations devraient se cantonner à un enseignement de l'arabe et des préceptes religieux », dit-il. Reste que beaucoup de parents semblent attachés à la possibilité qu'offrent ces écoles de cultiver l'identité arabo-musulmane de leurs enfants.
À Aubervilliers, la religion n'est pas affichée comme prioritaire. « Chez les parents, la religiosité passe après les résultats scolaires », assure Dhaou Meskine. L'heure de religion est facultative. Sarah, 17 ans, qui ne suit pas ce cours, apprécie « la proximité avec les profs autant que le fait d'être voilée ». Comme elle, la majorité des jeunes filles et des enseignantes sont coiffées d'un foulard. L'apprentissage de l'arabe est la seule obligation. « Ici on est tous musulmans, on n'est pas méprisés », se réjouit Leila, 12 ans. « Les écoles catholiques et juives peuvent approfondir leurs racines, observe le directeur, Fayçal Menia. Pourquoi pas nous ? »
Source: lefigaro