Depuis la fermeture de la boucherie Camus, située sur le boulevard du Général-de-Gaulle, dans le quartier du village, il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul boucher traditionnel dans la ville, pour les bouchers halal, qui vendent uniquement de la viande préparée selon les rites musulmans. Les Camus eux-mêmes ont d'ailleurs revendu leur affaire à un boucher halal, l'unique repreneur qui s'est montré intéressé.
Il y a des aides publiques et on rachète même des fonds de commerce pour y placer des bouchers.
Les repreneurs existent. Mais pas à Sarcelles. « Ils préfèrent s'établir à Pontoise, à Cergy ou dans les Yvelines. Sarcelles pâtit malheureusement d'une certaine image », explique Jacky Ardennes, président de la Fédération des boucheries d'Ile-de-France. « Je n'ai pas hésité une seconde », confie-t-il. Il pourra compter sur une clientèle bien plus fidèle que celle des boucheries traditionnelles et d'une concurrence moindre de la grande distribution, même si les grandes enseignes du secteur proposent désormais de la viande halal dans leurs rayons. Outre ces considérations économiques, ces boucheries avaient aussi un rôle social. « C'était créateur de lien, se désole Virginie, une habituée du commerce des Camus. On apprenait qui se mariait, qui était décédé, qui avait perdu son emploi ou qui vendait sa boutique. On débattait, on s'amusait. »
Quant à son remplacement par une boucherie halal, les opinions sont divisées. « Certains vont s'y retrouver.», poursuit Virginie.
Source: leparisien