Le voile de Mme Gül fait encore des polémiques

11:24 - August 25, 2007
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Turquie (IQNA)- Le foulard islamique d'Hayrunnisa Gül, probable future Première dame de Turquie, provoque une vive controverse.
L'épouse âgée de 42 ans de Abdullah Gül deviendrait la première dame de Turquie à porter une tenue islamique depuis 1925. Du coup, elle emménagerait dans le palais autrefois occupé par Mustafa Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne et laïque.
Mme Gül porte le hijab, qui couvre la tête et le cou, depuis l'adolescence. Les laïcs considèrent le foulard islamique comme un défi à la laïcité et craignent toute mesure qui assouplirait son interdiction dans les administrations et les écoles.
Ils rejettent l'idée qu'une femme en tenue islamique puisse représenter un pays laïc qui frappe à la porte de l'Union européenne. Ils se souviennent que Mme Gül avait demandé à la Cour européenne des droits de l'Homme de se prononcer sur le droit de porter le foulard à l'université et redoutent qu'elle soumette la présidence à une influence islamique.
"Cela me dérange qu'elle vive à Çankaya", avoue Ayse Nur Çubukçu, une manucure, faisant référence au palais présidentiel. Mais certains dans ce pays à 99% musulman voient dans l'interdiction du foulard dans les administrations et les écoles une attaque contre la liberté religieuse et estiment qu'il est temps d'abandonner l'interprétation rigoureuse des principes d'Atatürk. "C'est son choix", assure Abdullah Gül à propos du voile de son épouse. "C'est moi qui vais être président, pas elle."
Mme Gül et l'épouse du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan portent des foulards en soie colorés et strictement attachés qui couvrent le cou par-dessus un type de bonnet cachant les cheveux.
Issue avec son mari d'une région conservatrice, Mme Gül l'a épousé en 1980 à l'âge de 15 ans. Elle a alors abandonné l'école mais a étudié pour aller à l'université après la naissance de ses trois enfants.
En 1998, elle a tenté de s'inscrire à l'université d'Ankara tout en sachant qu'on la refuserait pour cause de port du foulard. Elle a alors contesté cette interdiction devant la Cour européenne des droits de l'Homme avant de retirer son recours en expliquant qu'elle voulait éviter des poursuites contre un pays dont le ministre des Affaires étrangères était son mari.
Un an plus tard, la cour a tranché en faveur de l'interdiction du foulard dans les universités turques, affirmant que cela n'enfreignait pas la liberté de pensée, de conscience ou de religion.

Source: latribune
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