Turqui (IQNA)- «Mon voile recouvre ma tête, pas mon cerveau.» a dit Hayrünnisa Gül, 42 ans, épouse d’Abdullah Gül qui devrait être élu par le Parlement, sera la toute première dame à porter le turban au Palais présidentiel à Ankara.
C’est devenu une affaire d’Etat dans un pays où le voile islamique est banni des administrations comme des universités. Il est également interdit aux femmes des officiers; or le chef de l’Etat est aussi le chef suprême des armées.
Mais après le triomphe de l’AKP (parti issu du mouvement islamiste) aux élections de juillet avec 46 % des voix, l’arrivée à la présidence d’Abdullah Gül, ex-ministre des Affaires étrangères, semble inéluctable.
Abdullah Gül rétorque que le voile porté par sa femme «est un choix personnel». Mais le chef d’état-major de l’armée, le général Yasar Büyükanit, rappelait au printemps, lors de la première candidature de Gül à la présidence, qu’il fallait «un président respectant les principes de la Constitution et la laïcité».
La femme du futur président n’en est pas moins une militante convaincue du foulard. Empêchée de s’inscrire en Lettres arabe à l’université d’Ankara pour son refus de présenter une photo d’identité tête nue, elle a intenté, en 2002, un procès contre la Turquie devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.
Elle a retiré sa plainte en 2004 quand son époux est devenu ministre des Affaires étrangères.
Critiqué par les medias, Madame Gül défende offensivement son idéologie islamique et dite que le voile ne peut lui empêcher de porter le turban au Palais présidentiel à Ankara.
Source: liberation