Le Musée de la Tolérance prévu sur un site de l’héritage musulman à Jérusalem-Ouest

8:43 - September 02, 2007
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Jérusalem (IQNA)- Le cimetière Mamilla, se cache derrière une végétation dense à l’un des bouts du Parc de l’Indépendance au cœur de Jérusalem.
Le cimetière Mamilla serait peut-être encore ignoré à ce jour si, il y a six ans de ça, le Centre Wiesenthal n’avait pas annoncé son intention de construire sur le côté sud du cimetière la Musée de la Tolérance (musée qui prétendait montrer « l’unité et le respect entre juifs et les peuples de toutes traditions ») et ce, avec le soutien total de la municipalité de Jérusalem.
Les premiers coups d’excavateur ont provoqué la colère de la communauté musulmane, particulièrement au moment où des restes humains ont commencé à être exhumés. « Ils n’auraient pas fait cela si le cimetière avait été juif. Il y a d’autres espaces pour construire cela. C’est encore une manifestation politique de plus car ils savent que cela ressemble à une provocation pour nous » affirme le Docteur Yussuf Nachti, expert en archéologie pour le Waqf, le tribunal islamique à Jérusalem. Quand on lui a posé des questions au sujet de l’état délabré du cimetière, le bureau du Waqf a répondu qu’ils n’avaient pas le droit de travailler à Jérusalem-Ouest et encore moins de s’occuper de quelques ruines, aussi vieilles soient-elles.
Avec ou sans caractère sacré, ce cimetière mérite une place dans tout guide touristique même s’il est pratiquement en ruines. C’est un merveilleux exemple de l’art islamique à Jérusalem et le dernier lieu de repos pour beaucoup de personnalités musulmanes des siècles passés. Si on décide de s’aventurer à travers les broussailles et les pierres tombales qui s’écroulent, on peut découvrir que, dans un mausolée cubique coiffé d’un dôme, se trouve le corps du Mamluk Emir Aidughi Kubaki, qui était gouverneur d’Alep et de Safed avant d’être exilé à Jérusalem, cité où il a finalement été enterré en 1289 de notre ère.
Saïd, un expert archéologue de Jérusalem a dédié une partie de sa carrière à l’étude du cimetière. Pour lui, c’est beaucoup plus qu’une ancienne nécropole ; c’est l’exemple même de la vaste histoire de cette terre. Saïd explique qu’ici il existe la preuve d’un lien entre les pierres tombales qui s’élèvent aujourd’hui et les origines byzantines du cimetière. Ici se tenait une église appelée « The Red », où les moines avaient été enterrés depuis des siècles jusqu’à l’invasion perse de 614 de notre ère.
Seul un quart du cimetière original demeure aujourd’hui : dans le temps, il s’étendait jusqu’à l’hôtel Sheraton d’aujourd’hui situé dans la rue King David, soit à 600 mètres à l’extrémité du cimetière actuel. Une grande partie a disparu suite à la construction de l’Independence Park en 1964, construit pour commémorer la guerre de 1948.
On peut également trouver dans le cimetière le « Mamilla Pool », utilisé en tant que citerne pour approvisionner la ville en eau. Il est connecté à un bassin plus grand appelé le « Sultan’s Pool » qui se trouve juste à l’extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem.
« C’est dommage que nous perdions petit à petit cet endroit. C’était à une époque le plus important cimetière musulman de Jérusalem, toutes les familles ont été enterrées là et maintenant il n’en reste presque plus rien. Personne ne s’en soucie » se lamente Saïd en enlevant un sac de chips d’une pierre tombale tombée.
Le groupé qui a intenté le procès devant le tribunal il y a 4 ans est le Parti Islamique. Il affirme que le fait de construire sur le site d’un cimetière est un sacrilège car, selon la décision du président du tribunal Islamique, le Sheikh Ahmad Natour, un cimetière ne perd jamais son caractère sacré.
Entre temps, la construction du Musée a été arrêtée dans l’attente d’une décision de la Cour Suprême. Cent cinquante millions de dollars ont été investi dans ce projet et le délai de près d’un an pour la construction représente une perte financière considérable pour le Centre Wiesenthal ainsi que pour la municipalité de Jérusalem.

Source: info-palestine
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