Après un long bras de fer juridique avec le rectorat, les 22 premiers élèves avaient fait leur rentrée en mars dernier en sixième.
Mardi, ce sont plus de 170 élèves de la sixième à la seconde, soit une vingtaine de plus que l'objectif fixé, qui rejoindront l'établissement musulman, le plus grand de France, situé à Décines (Rhône).
Le collège-lycée est d'ores et déjà réputé pour être très à cheval sur la discipline toutefois sans contrainte vestimentaire et, de ce fait, attire les parents les plus exigeants.
"Nous avons reçu plus de 500 demandes mais nous ne pouvons pas accueillir d'un seul coup autant d'élèves", souligne le président de l'association Al Kindi, Nazir Hakim, qui est aussi vice-président de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF).
D'autant que l'établissement, s'il a effectivement une capacité d'accueil de 500 élèves, n'a d'autorisation que pour en accueillir 200.
Avec ses 18 classes, son laboratoire de technologie et celui de chimie, sa salle informatique, sa bibliothèque et sa cafétéria, Al Kindi ressemble à n'importe quel collège, si ce n'est que la salle numéro un, recouverte d'un tapis vert, est réservée à la prière (non obligatoire).
Le programme est calqué sur celui de l'enseignement public, avec néanmoins trois matières supplémentaires : un cours d'histoire de l'islam, un cours de calligraphie arabe, et un cours de communication "pour aider ces enfants d'immigrés à prouver leurs capacités à s'insérer dans la vie active", explique M. Hakim.
La sélection des nouveaux venus s'est faite sur trois critères : la motivation, les notes et le comportement.
"Nous avons reçu tous les candidats en entretien individuel, pour vérifier que c'était eux qui voulaient étudier ici, pas leurs parents", indique M. Hakim.
Parmi les élèves déjà inscrits l'an passé, un seul ne reviendra pas en septembre : il s'est montré trop tapageur et été exclu.
Zayneb, elle, prépare avec enthousiasme sa seconde rentrée à Al Kindi, où elle a trouvé un enseignement de qualité et de bonnes amies et elle a beaucoup plus de devoirs que lorsqu'elle était dans un collège public.
" L'an dernier, les professeurs l'ont beaucoup poussée, elle a eu plus de devoirs", dit son père, Tarek Béjaoui.
Source: NousVousIls.fr