Les Sénégalais ne cachent toutefois pas leur stress qui serait lié à la cherté des denrées de première nécessité. Ils en sont bien conscients. Tout est fin prêt pour bon nombre d’entre eux qui n’attendent plus que le jour pour engager le jeûne, à l’instar du jeune Abdoulaye Camara, habitant du quartier de Hann Equipe. « Je suis entièrement prêt à jeûner tout le mois comme je le faisais auparavant », déclare-t-il.
Il révèle qu’il veut avant tout compenser d’abord les deux jours qu’il avait ratés l’année dernière à cause d’une maladie.
Le jeune homme d’ajouter qu’il ne ressent aucune pression particulière, parce qu’il a commencé à jeûner depuis le bas âge ; même si, financièrement, avoue-t-il, les conditions ne sont pas réunies.
En fait, Abdoulaye Camara est conscient du fait que le ramadan nécessite des moyens financiers conséquents.
Cependant, il relativise le rôle de l’argent pendant ce mois-ci. « Le manque d’argent ne peut pas déteindre sur la détermination du bon croyant à jeûner ; le jeûne est une obligation pour tout musulman ; il fait partie des cinq piliers de l’islam », estime notre interlocuteur.
Cet avis, Chérif Diallo, un jeune tailleur d’une trentaine d’années, le partage sans réserve. Pour lui, le jeûne n’exige aucune préparation particulière.
« Il suffit juste de prendre la volonté ferme de jeûner et d’être prêt psychologiquement », affirme-t-il avec un air de conviction.
« L’essentiel, c’est que nous puissions être en bonne santé », soutient Chérif. « Tout le reste, poursuit-il, n’est pas très important », ajoute-t-il encore, faisant allusion aux moyens financiers qu’auraient nécessités le mois du jeûne.
Même son de cloche chez cette mère de famille du nom de Tacko Sy, vendeuse de mangues. La dame se dit déterminée à jeûner, même si, révèle-t-elle, « les affaires ne marchent plus depuis un certain temps ». En plus, cette mère de famille se préoccupe vivement de la cherté des denrées de première nécessité et de la hausse probable du prix du pain, surtout à l’approche du ramadan.
« Les autorités devraient revoir à la baisse le prix des denrées de première nécessité et de la baguette de pain au moins jusqu’à la fin du ramadan », plaide-t-elle.
Elle est convaincue qu’un tel geste serait le bienvenu et contribuerait à aider les familles aux revenus limités.
Pour Abdoulaye Ndianor, un jeune cireur de chaussures, toutes les dispositions ont été prises afin de bien aborder le jeûne. « J’ai déjà mis de côté une forte somme d’argent uniquement pour le ramadan », confie-t-il avec bonheur.
Source: lesoleil