Le premier congrès régional ouest africain dont le thème est « les défis qui entravent l'action islamique contemporaine dans la sous région ouest africaine » s'est ouvert récemment dans la capitale sénégalaise.
A l'occasion, quelque 120 délégués, représentants 50 ONG et associations islamiques venues de la Gambie, de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal ont diagnostiqué la situation, les obstacles et les défis qui entravent l'action dans leurs entreprises.
Les défis qui entravent l'action islamique doivent être combattus par tous les moyens, ont plaidé les délégués lors d'une conférence de presse organisée mardi.
Ils ont invité à la création de multiples institutions solides et efficaces, avant d'encourager les entreprises économiques à caractère islamique à s'impliquer davantage dans les échanges internationaux et les prédicateurs à montrer les possibilités économiques existantes dans les pays islamiques.
Dans la même perspective, il s'agit de faire revivre le Waqf, le devoir de zakat, mettre en place un programme pour la lutte contre la pauvreté, les maladies, l'ignorance et tous les fléaux et maux de la société.
''On a trouvé que les défis qui nous interpellent sont communs à toute la « Oummah islamique » et empêchent son développement'', a déclaré Cheikh Ousmane Mbow, directeur du Centre culturel de la pensée islamique qui animait la conférence de presse à l'Institut Islamique de Dakar (IID).
M. Mbow a énuméré quatre défis qui plombent l'action islamique, notamment les défis idéologique et culturel, le défi socio-économique, les défis politique et administratif et les défis moraux.
Pour le premier, il s'agit de l'absence d'unanimité dans la compréhension commune de la méthodologie en matière de prédication, du problème de la terminologie et de définitions dans le vocabulaire de la prédication, du manque de discernement dans la charia et la sunna.
Il en est de même des incompréhensions du langage et des techniques de l'heure, de la prolifération de l'hérésie dans les rangs des musulmans.
Le directeur du Centre culturel de la pensée islamique a évoqué le deuxième défi qui s'articule autour de la propagation de la pauvreté et du chômage qui fait perdre aux musulmans leurs principes et valeurs, de la faiblesse des dépenses au profit de l'Islam par rapport aux autres religions, des défis du temps consacré à l'action islamique, du monopole de l'économie mondiale par des non musulmans et du phénomène des filles mères.
A cela s'ajoutent les conflits engendrés par des intérêts personnels entre les acteurs, l'inimitié des ennemis de l'Islam et la déformation qu'ils font de sa beauté et les attaques qu'ils mènent contre les musulmans.
Quant au dernier défi, il consiste à la domination du système éducatif occidental dans l'espace islamique, à l'absence de modèle islamique idéal dans ces sociétés, à la propagation du luxe, de la liberté et la proximité des hommes et des femmes, et le rôle néfaste joué par certains organes de presse sur les esprits des jeunes, tous sexes confondus.
Pour venir à bout de ces entraves, Cheikh Ousmane Mbow et les participants au premier congrès régional relatif à la prédication ont estimé que l'action islamique mérite d'être soutenue par tous les moyens.
A cet effet, ils ont souligné l'importance des préparatifs psychologiques, scientifiques, moraux, culturels.
Source: IINA