L’Alliance des femmes islamiques du Burkina (AFIB) affiche une volonté de trouver des réponses appropriées aux conditions de vie précaires des enfants talibés. Une semaine après les membres des associations islamiques féminines, l’AFIB a formé les 26 et 27 septembre 2007 les prêcheuses et les prêcheurs de la ville de Ouagadougou sur la même problématique des « garibous ».
Les participants, au nombre de 110, ont pu apprendre davantage des versets coraniques et des hadiths du Prophète (PSDL) reconnaissant et garantissant les droits de l’enfant.
Outre les aspects religieux, ils ont suivi des modules sur le droit judiciaire relatif aux enfants, les stratégies de communication et de sensibilisation, la situation des talibés à travers la restitution d’une étude réalisée dans des écoles coraniques de la capitale burkinabé.
A l’issue des 48 heures de formation, les prêcheuses et prêcheurs se disent aptes à sensibiliser le maximum de personnes dans l’optique d’une implication effective des parents dans la prise en charge des talibés.
Toutefois, ils ont exprimé le besoin d’avoir à leur disposition des moyens conséquents pour mener à bien cette mission sur le terrain. Aussi, les participants recommandent une formation à l’endroit des maîtres coraniques, parfois complices de la situation peu enviable des enfants talibés.
Par ailleurs, les séminaristes demandent aux autorités en charge de l’Education, l’institution de cahiers des charges pour les écoles coraniques.
Cela permettra à leur avis, de réglementer l’ouverture de ces foyers d’apprentissage du Coran. Autant de recommandations dont la pertinence a été saluée par l’UNICEF, principal soutien de la série de formations de l’AFIB.
Pour le représentant de l’UNICEF à la formation, l’adhésion des parties prenantes dans l’éducation des enfants (parents d’élèves, maîtres coraniques, leaders religieux et enfants talibés eux-mêmes) est indispensable pour un changement qualitatif dans le comportement des talibés, pour leur intégration dans la vie active.
A son tour, il suggère aux maîtres coraniques « d’accepter intégrer pendant la formation en études coraniques, l’apprentissage des métiers pour assurer ainsi l’indépendance économique des talibés ».
Ces enfants, rappelle-t-il, ont le droit, comme tous les autres enfants, à une éducation qui pourra leur assurer non seulement leur plein épanouissement social mais aussi leur future contribution au développement socioéconomique du Burkina Faso.
Source: IINA