Cette série de treize conférences est organisée par l'Université de tous les savoirs (UTLS) en partenariat avec L'IISMM -EHESS (Institut d'études de l'Islam et des sociétés du Monde Musulman – École des Hautes Études en Sciences Sociales).
Commencé le 1er octobre le cycle se poursuivra jusqu'au 13 du mois au rythme d'une heure de conférence quotidienne.
Pour ceux qui ne peuvent se déplacer, les séances sont retransmises par l'Internet sur la chaîne Canal-U.
La conférence d'ouverture donnée par Moussa Khedimellah a porté sur « l'islam en Europe ».
Le conférencier est déjà reconnu pour ses travaux sur les questions d'intégration urbaine dont des productions de référence sur le mouvement des Tabligh. Il s'est aussi intéressé à « l'islam dans les prisons » avec Farad Khosrokhavar.
Sociologue affilié au Centre d'analyse et d'intervention sociologique (Cadis), un laboratoire du Centre national des la recherche scientifique (CNRS), Moussa Khedimellahh fait partie de la génération montante de chercheurs français, dont les travaux portent sur des questions en rapport à la communauté musulmane dont ils sont eux-mêmes membres.
Avec Rachid Benzine, Dounia Bouzar, Omero Marongiu et quelques autres chercheurs dans les starting-blocks des laboratoires, ils sont, pour les musulmans de France, des exemples de réussite dans le domaine réservé de la recherche en sciences sociales.
Pour conclure son exposé, M. Khedimellah propose quatre points à prendre en compte concernant la présence musulmane en Europe:
1. L'égalité de traitement des religions dans le domaine publique. Dans certains pays d'Europe, notamment en Belgique et en Hollande, le traitement de l'islam à égalité avec les autres cultes est très mal vécu.
2. Atténuer la dépendance des musulmans d'Europe à l'égard de leurs pays d'origine. Cette dépendance entretient un déficit de reconnaissance citoyenne et empêche parfois l'expression d'un véritable islam européen. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) est un exemple non isolé: en Belgique, en Espagne, en Suisse... les situations sont proches de celle du CFCM.
3. La question du leadership. Peu de personnalités musulmanes sont des polyglottes capables de servir de ressources aux institutions d'Etats pour gérer le rapport à la présence musulmane en Europe. Tariq Ramadan fut appelé par Tony Blair pour diriger une commission de réflexion au lendemain des attentats de Londres. Mais ce cas reste encore exceptionnel.
4. L'éducation civique, la démocratie et les droits de l'Homme. Cela doit se matérialiser par la présence de musulmans dans les instances politiques existantes. Selon M. Khedimellah, en parlant de la France « notre pays n'a pas l'habitude de parler de musulmans dans le système politique. Mais la plupart des pays d'Europe ont commencé à avoir des députés ou un certains nombre de musulmans, représentatifs de ces minorités aux élections ...»
Une autre conférence est celle donnée par Bernard Godard sur le thème de « islam de France, islam en France ».
Chargé de mission au bureau central des cultes du ministère de l'Intérieur, M. Godard est un observateur privilégié de l'islam et des musulmans en France.
« Les musulmans en France » (Ed. Robert Laffont, 2007) qu'il co-signe avec Sylvie Taussig est un dictionnaire du kaléidoscope idéologique et culturel de l'islam en France.
M. Godard est l'un des artisans du Conseil Français de Culte Musulman (CFCM) dont il connaît les acteurs et les détracteurs.
Source : IINA