Histoire de l’Islam au Niger du VIIe au XIXe siècle

8:23 - November 10, 2007
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Niger (IQNA)- L’Islam a mis un pied au Soudan Central avant même d’atteindre certains pays devenus aujourd’hui arabes.
Depuis ce VIIe siècle de l’ère chrétienne, il a profondément marqué le devenir des sociétés soudanaises en général et nigériennes en particulier, au point qu’il est impossible de les comprendre sans prendre en considération la profonde empreinte que l’Islam a eue sur elles.
Le livre de Djibo Hamani, professeur à l‘Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger), présente, documents à l’appui, le processus d’islamisation de la région et les transformations qu’il a introduites dans sa vie politique, sociale et économique, ainsi que dans son champ de relations internationales. Il analyse le développement, au cours des siècles, d’une intelligentsia locale de plus en plus nombreuse qui finit par entrer en conflit avec les autorités politiques.
L’étude détaillée des jihad du XIXe siècle rétablit la vérité historique en montrant les racines profondes de ces mouvements que la plupart des écrits antérieurs – qui furent surtout l’œuvre d’agents coloniaux – ont présenté comme des affrontements tribaux habillés de religion.
Les documents utilisés dans cette étude montrent que les régions étudiées ici ne furent pas celles d’un « Islam périphérique » ou d’un « Islam Noir » mais, tout simplement, une partie de la « Dar al-Islam ». La première partie de l’ouvrage est consacrée à l’étude de l’Islam arabique aux frontières du Soudan Central.
Aux sources du jihad de Shehu Usman Dan Fodio, on trouve un précurseur nommé Shaykh Jibril Umar qui fut, dans cette région du Soudan Central, l’incontestable sommité des sciences islamiques à la fin du XVIIIe siècle. Il reste peu de trace de ce qu’il a pu écrire. La phase pacifique du jihad de Sehu Usman Dan Fodio qui est l’éducateur de son peuple.
A l’instar des régions proches du pays Hausa, le Borno connut également ses mouvements « jihadistes » conduits par des leaders Peuls, mouvements nés dans plusieurs régions mais sans aucune coordination au départ.
En conclusion, le Soudan Central a reçu, de la part des chercheurs francophones surtout, un traitement assez injuste qui épousait la position politico-militaire de la puissance coloniale pour qui cette région appartenait aux marges de l’Empire.
Les recherches ignoraient totalement des œuvres aussi capitales que Infaq al-Maysûr de Muhammad Bello (1812). Les travaux dans la sphère anglophone furent plus sérieux, mais là aussi, la position officielle minimisa toujours la portée de la civilisation islamique du Soudan Central.

Source : sudonline
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