C'est ce qu'a entendu la commission Bouchard-Taylor de la bouche de Pierre Dumais, président du Regroupement des gestionnaires en ressources humaines de Laval.
«On m'a fait savoir à plusieurs reprises de ne pas embaucher telle ou telle communauté. Ce n'est pas pour mal faire, mais les employeurs ont peur de se faire demander une salle de prière ou d'autres accommodements», a témoigné M. Dumais lors des audiences publiques qui se tenaient à Laval.
Il a aussi noté que les employeurs marchent souvent sur des œufs, car ils craignent d'être traînés en Cour ou devant la Commission des droits de la personne s'ils déclinent une demande d'accommodement raisonnable pour des motifs religieux.
Représentant les gestionnaires de ressources humaines de 50 entreprises manufacturières de Laval, Pierre Dumais a invité les commissaires Charles Taylor et Gérard Bouchard à aider les entreprises à faire face aux situations.
Il suggère notamment la création d'un bureau extraordinaire au sein de la Commission des droits de la personne du Québec, qui pourrait donner des avis juridiques aux employeurs aux prises avec des demandes problématiques.
Le port du voile islamique a été au cœur de plusieurs présentations hier à l'hôtel Radisson de Laval, où les deux commissaires ont fait halte pour la semaine. Trois jeunes Québécoises, converties à l'islam, sont venues expliquer qu'elles ont choisi de porter le hijab de leur propre chef, sans aucune contrainte.
«C'est très paternaliste de me dire ce que je dois porter», a dit Geneviève Lepage en réponse à plusieurs intervenants qui ont demandé le bannissement du voile islamique dans les institutions laïques du Québec.
Source : cyberpresse