Cette initiative s’inscrit dans un choix délibéré visant à enraciner l’islam dans son contexte européen.
Depuis, la France, avec quelques pays européens ont pris conscience de l’importance de ce dossier et ont entamé une multitude d’initiatives pour le reprendre en main, considérant que la formation des imams sur le sol européen est un enjeu majeur, et qu’il est hors de question pour eux de rester en position d’observateurs.
Entre temps, d’autres initiatives, certes de moindre ampleur, ont vu le jour.
Avec la mise en place du CFCM -Conseil Français du Culte Musulman-, les pouvoirs publics ont voulu que celui-ci se charge de ce dossier afin de proposer des solutions satisfaisantes.
Ainsi, et dès sa mise en place, le CFCM a chargé une commission de lui faire des propositions permettant de faire avancer ce dossier. Au bout de quelques semaines, cette commission a élaboré une feuille de route qui a été validée par la direction du CFCM. Cette feuille de route a fixé les objectifs suivants:
• Etudier les contenus pédagogiques des centres de formation existants en France, en vue de mettre en place un cahier des charges du CFCM qui deviendra commun aux instituts de formation des imams en France.
• Faire un état des lieux du statut social des imams en France.
• Définir les missions des imams.
Or, l’instabilité du CFCM, et les « tempêtes » qu’il a traversées, ont fait que cette feuille de route n’a pas été suivi par des actes.
Aujourd’hui, on nous annonce avec grand enthousiasme, que l’Institut catholique de Paris va mettre en place une formation sur les relations entre la société française et l’Islam, baptisée "Religions et inter culturalité".
Ce diplôme universitaire sera ouvert à tous les cadres religieux et associatifs. Les étudiants pourraient ainsi devenir des imams. Une trentaine de places devraient être ouvertes, en partenariat avec l’Institut de théologie de la Mosquée de Paris.
Nous considérons que la formation du personnel religieux, et en particulier des imams, est l’affaire interne et exclusive des représentants de chaque famille religieuse. Un imam n’est pas un technicien de la religion musulmane, sa fonction ne peut pas se résumer à des connaissances théoriques.
On ne peut concevoir une formation religieuse vidée de sa charge spirituelle, ou dépourvue de la portée d’un modèle qui donne envie de suivre leurs pas et de reproduire leurs exemples.
A-t-on oublié que toute opération de formation vise à satisfaire le côté cognitif aussi bien que le côté affectif, et ce dernier ne peut être assuré que dans un cadre qui inspire piété, dévotion et sincérité.
Aussi, Il faut rappeler que la formation des imams revient aux musulmans eux-mêmes, et c’est à eux d’en définir le contenu et la forme, en tenant compte, bien évidemment, à la fois de l’authenticité du savoir théologique dispensé et du contexte français où il est dispensé.
Source : uoif