Dans un entretien en marge des travaux de la 5ème réunion des ministres de la Culture des pays membres de l'Organisation de la conférence islamique, M. Diouf a ajouté qu'en tant qu'acte humain, l'islamophobie est une attitude très négative qu'il faut bannir, précisant que des rencontres à l'instar de celle de Tripoli constituent une opportunité pour plaider tout le contraire de cette orientation et œuvrer pour un véritable dialogue des religions.
Il a indiqué, à ce propos, que le Sénégal est un véritable "havre de paix et un terreau fertile" où les religions cohabitent, illustrant ses propos par le fait que son pays, qui compte 95% de musulmans et 5% entre catholiques et animistes, vit une cohabitation religieuse exemplaire.
Evoquant le rôle de la Culture, M. Diouf a souligné qu'elle est un moyen de rapprochement avec l'Autre, étant donné que les hommes sont la seule espèce dotée d'un plus sur le plan anthropologique qui est la Culture. Il a estimé que le premier devoir de l'homme est d'accepter l'Autre, de dialoguer avec lui et de le reconnaître en tant que spécificité propre, d'où la possibilité pour les religions de coexister.
C'est dans cet ordre d'idées, a-t-il dit, que le Sénégal a toujours été de par son histoire un terreau fertile pour le dialogue des civilisations et des cultures et qu'il est porteur aujourd'hui, à travers son président, Abdoulaye Wade, d'un grand projet qui veut préconiser le dialogue islamo-chrétien.
Le responsable sénégalais a indiqué que ce projet a rencontré l'assentiment de tous les hommes épris de paix et qui œuvrent pour la concorde entre les différentes communautés, affirmant que ce projet bénéficie aujourd'hui de l'appui de grandes figures islamiques et chrétiennes qui veulent réaliser le dialogue islamo-chrétien, après que le Sénégal aura organisé le 11ème sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) les 13 et 14 mars 2008 à Dakar.
Le ministre sénégalais a, dans sa réponse à une question sur la responsabilité des musulmans par rapport aux stéréotypes sur l'Islam véhiculés aujourd'hui dans le monde, rejeté toute responsabilité des musulmans dans ce état de fait, affirmant qu'on a voulu, certes, coller une image ternie de l'Islam. Il a assuré que cela est l'œuvre des adversaires de l'Islam, qui ont cherché à lui imputer certains phénomènes comme le terrorisme.
Pour M. Diouf, l'Islam ne prône pas de comportement négatif et n'est pas une religion agressive, soulignant que notre position dans la défense de notre religion est un droit de réponse et précisé, à ce sujet, que c'est pour cette raison que l'Organisation islamique pour l'éducation, la science et la culture (ISESCO) est en train de faire un travail remarquable sur le plan de la lutte contre la "diabolisation" de l'Islam.
"Il faut montrer, à travers des études et des appréciations sérieuses, que l'Islam est une religion de paix, qu'elle n'a rien de négatif, qu'elle n'est pas porteuse de violence. Au contraire, l'Islam est une religion de dialogue, de tolérance, d'entente entre les peuples", a-t-il conclu.
Source : afriquenligne