Une jeune femme musulmane belge : «Ici, ma place est bien définie comme musulmane »

13:56 - November 28, 2007
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Belgique (IQNA) – La population musulmane de Belgique est principalement constituée de personnes issues de l'immigration originaire du Maghreb et de Turquie.
Avec ses partenaires européens, la Belgique a d’ailleurs veillé à ce que la Commission des droits de l’homme et l’Assemblée générale condamnent l’intolérance religieuse et protègent la liberté de religion de chaque individu. Et nous poursuivrons nos efforts en ce sens. Comme l’a précisé Mme Jahangir, il ne s’agit pas ici de protéger les religions ou les convictions elles-mêmes, mais bien de protéger la liberté de religion de tout individu, ce qui signifie pour nous la liberté d’avoir une religion ou une conviction, de ne pas en avoir, et également la liberté de changer de religion ou de conviction.
Parmi les religions pratiquées en Belgique, l’Islam se montre active. La population musulmane de Belgique est principalement constituée de personnes issues de l'immigration originaire du Maghreb et de Turquie. Nombre d'entre elles vivent l'exclusion et la discrimination sociales. Qu'ils soient pratiquants ou non, les musulmans affrontent souvent l'incompréhension. Leurs modes de vie font régulièrement l'objet de stigmatisations. En bas, l’on retrouve un reportage sur la vie en société des musulmans en Belgique. Certaines, contents de leurs modes de vie cohabitent à côté des autres qui se voient mal intégrés dans la société belge.
Un jour de marché, à Molenbeek, le quartier marocain de Bruxelles (80 000 habitants), on se voit devant les femmes voilées. On est fier de cette communauté. Dans cet ancien quartier de fonderies et de manufactures, sur neuf, trois sont maghrébins. Image d’une société multiculturelle qui, avec 900000 immigrés (dont 260 000 Marocains) sur une population de 10 millions, s’assume sans complexes. Edouard Delruelle, directeur adjoint du Centre pour l’égalité des chances réclame : « les pouvoirs publics, qui délèguent facilement, ont toujours eu une neutralité inclusive notamment vis-à-vis des religions.» Et cela se voit à chaque coin de rue.
Dans un salon de thé des hommes discutent en arabe. L’on sent la menthe. Anas 26 ans débarque de Hollande : «J’ai été très surpris. Ici, tout est comme au Maroc. C’est la même ambiance.» Yassine, 25 ans, est né en Belgique mais a grandi dans la région du Rif, d’où sont originaires la majorité des Marocains. Ses frères et sœurs (chimiste, coiffeuse et mécanicien) sont belges, tous mariés avec des Marocains. Yassine a commencé les démarches de naturalisation, il cherche du boulot. «Ici, les étrangers restent toujours des étrangers. Pour le travail, la sécurité, il vaut mieux être belge», pense Hamid, 35 ans. Comme nombre de Marocains (premier groupe des naturalisés), il a choisi de prendre la nationalité belge.
Plaintes. Sur les 1 600 cas traités l’an dernier par le Centre pour l’égalité des chances (créé en 1993, 100 permanents), près de 40 % concernaient le racisme. L’emploi vient en tête. Les plaintes vis-à-vis des services publics ont diminué de 5 %. «Il y a eu une politique volontariste, avec campagne de sensibilisation, formation de la police, des magistrats», explique Edouard Delruelle. A Matongé, le quartier africain de Bruxelles, on raconte encore beaucoup d’histoires de discrimination.
Voile. Linda s’arrête à un stand de fruits et légumes. C’est une aide-soignante, née dans le Maine-et-Loire. Elle vit à Bruxelles avec son mari et sa fille. «En France, l’islam a une mauvaise image. Ma sœur et ma mère qui vivent à Saumur sont voilées depuis peu, elles ont des regards noirs à la caisse.» Ici, Linda se présente avec son hijab pour des entretiens d’embauche «et cela ne pose pas de problème». «Il y a une vraie communauté islamique : on a même le fitness, la natation, l’aérobic.» Elle sort ses papiers de son sac, sur la photo d’identité, elle porte le foulard. «Ici, ma place est bien définie comme musulmane.»
«Etincelle». «Les communautés font partie de l’histoire belge. Nous n’avons pas la même langue ni la même religion, cela amortit un peu les différences liées à l’immigration, analyse Edouard Delruelle. Mais parfois, il peut suffire d’une étincelle.»
L’an dernier quand Joe Van Holsbeeck, 17 ans, a été tué à la gare centrale de Bruxelles, tout le monde a montré les Marocains du doigt et glosé sur l’échec du relativisme culturel. Le meurtrier était en fait polonais.
Belgique a réussi en fait de résoudre dans une partie les problèmes de sa société multiculturelle en laissant libre les adeptes des différentes religions de pratiquer leurs religions. Nous observons encore trop souvent des cas de personnes discriminées à cause de leur religion ou encore des personnes qui se voient refuser leur droit d’exercer la religion ou la conviction de leur choix.
Mais la Belgique attache beaucoup d’importance à la promotion de la tolérance et à la lutte contre l’incitation à la haine raciale et religieuse. Elle s’engage activement dans l’Alliance des Civilisations qui promeut une meilleure compréhension mutuelle.

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