Dans un monde qui change, quelle foi et quelles valeurs transmettre et comment ?(II)

9:56 - December 23, 2007
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Paris (IQNA)-Jean Louis Souletie, professeur à l’Institut catholique de Paris, a parlé de la transmission des valeurs à travers la vision catholique française, lors d'une interview avec le journaliste d'IQNA.
Une question centrale, selon lui, du fait de l’inquiétude que suscite-la baisse de la pratique religieuse.
Cette interrogation a permis de comprendre que la crise de la transmission des cultures est un phénomène mondial, dû au pluralisme culturel des sociétés en raison de la mondialisation et de la diffusion de l’information alors que l’individu prédomine et entend choisir son mode de vie, son projet de vie.
Et face au relativisme (dans le sens de mettre en relation), l’individu a besoin pour se construire, dans son identité religieuse, de la rencontre avec l’autre et avec les autres cultures.
Mr J-L Souletie rappelle les cinq modèles de transmission de la foi et des valeurs :
1-La contrainte, ce qui n’existe plus depuis le Vatican II,
2-Au contraire, tout étant devenu discutable, la modernité est à l’épreuve du débat de la discussion et de l’argument,
Le fait d’être français ne signifie plus qu’on appartient à la religion chrétienne, on assiste à la fin des religions ethniques, souligne Mr Souletie. Jadis, on devenait chrétien par la naissance, et le catéchisme constituait la mise en forme d’une foi qui existait à la naissance. Mais aujourd’hui, c’est différent. Ainsi, la transmission de la foi dans le catholicisme ne consiste pas à accueillir tout homme comme le bienvenu, mais il faut l’accueillir pour partager la route, faire route ensemble.
La transmission de la foi s’est vue affectée par le fait qu’il fallait annoncer l’Evangile. Dans les années récentes, cela a produit du fruit, comme des conversions, l’attestation pure et unique de l’Evangile. Mais cela devient un défi… les chrétiens devront montrer quelles sont leurs ressources pour contribuer au lien social, et contribuer au vivre ensemble.
La question fondamentale du Salut reste posée.
Le christianisme est affecté par les soubresauts mondiaux dans lequel il vit.
Le professeur se demande et demande s’il y a un avenir pour le christianisme si l’Eglise, les croyants ne savent pas répondre comment relever le défi.
Et pour conclure, Mr J M Saletie rappelle la parole de Marcel Gaucher : « une société ne vit pas longtemps sans comprendre ce qui lui arrive ».
Les éducateurs ont fait part de leurs difficultés à transmettre les valeurs, notamment religieuses alors que la laïcité actuellement en vigueur est devenue selon certains, un véritable dogme, certains osant même parler de laïcisme et de fanatisme laïque
La crainte que ressentent certains à aborder les sujets sérieux (et notamment le port du voile ou parler de Dieu) était présente même si elle est restée non dite.
La grande erreur que tous ont souligné, c’est le décalage qui existe entre l’attente des élèves et ce que peuvent apporter les enseignants et certains ont regretté que l’institution leur demande d’enseigner un fait religieux, alors que les élèves attendent qu’on leur dise ce qu’est la spiritualité.
Musulman, chrétien, et même laîque, tous sont d’accord pour dire que , à l’instar des sociétés traditionnelles où la famille joue un rôle primordial, il faut redonner à la famille la place qu’elle mérite mais surtout ne pas attendre tout de la société.
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