Dans un monde qui change, quelle foi et quelles valeurs transmettre et comment ?(III)

15:38 - December 24, 2007
Code de l'info: 1614207
Paris (IQNA)- Larbi Kechat, recteur du centre culturel de Stalingrad, l’une des plus importantes mosquées de Paris a participé dans une interview avec le journaliste d'IQNA.
L’être humain est un être adorateur, il ne peut vivre qu’en accomplissant les actes d’adoration. Se priver d’adorer Dieu, c’est se condamner à adorer son petit moi.
Rappelant les deux périodes historiques contemporaines qui ont marqué l’homme :
- Le cartésianisme caractérisé par la divinisation de l’individu
- L’existentialisme, caractérisé par une crise radicale de l’individualisme,
La révolution française et la révolution socialiste ont fini par subir un échec malgré leurs grands processus ; toutes les révolutions que l’histoire humaine a connues avaient refusé de vivre ou de faire vivre en dehors des finalités, or, celles-ci ont empêché l’homme de structurer sa vie en fonction des finalités. Selon lui, c’est cela qui nous conduit à cette crise qui génère de nombreuses questions : comment transmettre, que transmettre, et qui doit transmettre. Revenant sur la foi, il estime qu’avoir la foi est aussi important qu’avoir une dose d’oxygène. La foi c’est se sécuriser, en se connectant sur Dieu, casser les barricades qui nous séparent de Dieu.
Au-delà des limites du monde visible, la transmission est un phénomène universel. Tous les éléments du cosmos sont ouverts les uns aux autres. Le jour où ce principe destructeur a été élaboré à savoir l’homme est le centre de toutes choses) on a été témoin de dérives car l’homme se trouve coincé dans un monde coupé de tout lien avec la logique.
Il ne suffit pas de vouloir transmettre, encore faut-il savoir quoi transmettre…
Larbi Kechat de poser un regard critique sur le contenu de la transmission.
Pour les musulmans, tout ce qui relève de la parole divine relève de l’invariable. Le texte est divin, la compréhension est humaine donc relative. Les réponses définitives données par le saint Coran ne dépassent pas 5% alors que 95% s’inscrit dans la catégorie des réponses ouvertes. Mais pour pouvoir interroger le texte divin fondateur, il faut se respecter soi même et ne pas dire ce qu’on ne sait pas. Une connaissance multidimensionnelle est nécessaire.
Le monde change et il est demandé de transmettre l’esprit qui vivifie, le moyen le plus efficace dans cette transmission, c’est l’amour.
La transmission doit se faire dans un monde multidimensionnel, où l’on doit donner place à l’altérité, chercher à uniformiser, c’est aller à l’ennui. C’est cette pluralité qui constitue les signes de la grandeur et de la beauté des lieux.
L’unicité de Dieu se déchiffre à travers la diversité de la création. Les messagers de Dieu sont les transmetteurs de cette diversité et leur authenticité caractérise leur rapport à la vérité.
Accueillir l’autre, donner l’exemple, c’est donner un regard tendre et affectif de Dieu, conclue Larbi Kechat.
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