Avec des feuillets de Coran du VIIIe siècle illustrant de délicates peintures mettant en scène des miniatures, l'Art de l'Iran Safavide 1501-1736" est à l’honneur et nous fait voyager dans deux siècles et demi d’un patrimoine artistique, qui a été repris et imité, de la Turquie ottomane à l'Inde Moghole.
L’exposition montre des exemples peu connus de cet art iranien au-delà des frontières. L’art de l’Iran, souvent incompris, a souvent été considéré comme ayant un rôle purement décoratif. Mais la réalité est autre, car tous ses détails regorgent de sens et de symbolisme.
Dans le passé pré-islamique, le symbolisme est omniprésent dans la culture iranienne au travers de la peinture et des manuscrits qui retracent des récits et des personnages de l’époque islamique.
Le passé continuité du présent version métaphores, démontre la place importante que l’on accordait à ces souverains mis en image qui occupaient la place de « Second Rostam » ou « Second Alexandre ».
L'exposition présente près de 200 pièces issues de collections nationales et privées. Des prêts exceptionnels ont été consentis par les musées de Téhéran, dont la bibliothèque du Golestan, le musée d'Ispahan, le British Museum et le Victoria and Albert Museum de Londres, le Brooklyn Museum et le Metropolitan Museum of Art de New York, les institutions russes et suédoises, la collection Al-Sabah du Koweit et la collection Aga Khan, permettent d'évoquer de façon éclatante le développement de l'art iranien sous la dynastie safavide.
Parmi les œuvres d'art illustrant l'apogée de cet art sous les règnes de Shah Ismail (1501-1524) et Shah Tamasp Ier ( 1524-1576), sont présentées de rares peintures de manuscrits, parmi lesquelles plusieurs pages aujourd'hui dispersées du Shah-Name (livre des Rois) de Shah Tamasp, ouvrage le plus important de son temps. De nombreuses pages de manuscrits royaux, délicates et colorées, et des dessins regroupés en albums, illustrent également les concepts et la foi présents dans la littérature persane.
Plusieurs pièces de banquet ont été choisies spécialement pour leur beauté et leur technique : grands plats de céramique décorés de fleurs, petites coupes monochromes, objets en bronze. De très rares textiles sont exposés pour l'occasion : tels deux tapis à "l'arbre parlant "provenant de Lisbonne et Cincinnati, dont l'étude a été renouvelée grâce à l'exposition. De splendides reliures, quelques objets de la vie quotidienne de couru de lettrés, tel un plumier unique, complètent cette évocation sans précédent de la beauté de l'art safavide, qui s'étendit aux terres de langue persane jusqu’à l'Inde.
La muséographie et l’œuvre du designer Adrien Gardère, qui travaille actuellement sur le réaménagement du musée d’art islamique du Caire, évoquent toutes ces perspectives qui mettent en exergue les lignes et les motifs de l'architecture islamique. Les pages manuscrites s'égrènent sur des cimaises claires, tandis que de grands plateaux portant les objets guident le regard vers des projections d’images tournées pour le musée du Louvres.
Source: babnet