Une musulmane conteste son congédiement

12:18 - December 30, 2007
Code de l'info: 1615902
Canada (IQNA)- D'ici à la fin du mois de janvier, le Tribunal des droits de la personne de Colombie-Britannique devra décider si Chantal Hamel, une résidante de Vancouver, a bel et bien perdu son emploi parce qu'elle est musulmane.
Mme Hamel, qui porte le hijab, soutient que son employeur l'a renvoyée parce que sa religion lui interdit de serrer la main de ses collègues masculins.
En tout, Chantal Hamel a travaillé seulement six jours comme agente de télémarketing à RSVP Customer Care Center, à Vancouver, avant d'être congédiée.
Le 18 mai 2007, Mme Hamel a porté plainte au Tribunal des droits de la personne; elle estime qu'elle a été renvoyée pour des motifs religieux. RSVP nie totalement cette accusation. L'entreprise a d'ailleurs demandé au Tribunal de rejeter la plainte de Mme Hamel parce qu'elle est «basée sur de faux prétextes». Mais après avoir étudié le dossier, le commissaire Kurt Neuenfeldt a retenu la plainte.
Dans sa plainte, que La Presse a obtenue, Mme Hamel écrit que, lorsqu'elle a commencé à travailler à RSVP, elle a refusé de serrer la main du directeur des ventes et d'autres employés en leur expliquant qu'elle ne pouvait le faire à cause de sa religion.
Interloquée, la vice-présidente de RSVP aurait demandé à rencontrer Mme Hamel afin d'obtenir des explications. Après cette rencontre, à son cinquième jour de travail, Mme Hamel aurait été interpellée par son superviseur, qui lui aurait dit qu'elle ne faisait pas bien son travail.
Sans trop d'explications, il l'aurait renvoyée chez elle avant la fin de la journée. Le lendemain, un autre superviseur aurait dit à Mme Hamel qu'elle ne faisait pas bien son travail avant de la congédier.
«Mme Hamel croyait bien faire son travail. Elle pense que la seule raison pour laquelle elle a été si mal traitée, c'est à cause de sa religion», lit-on dans la plainte.
RSVP donne une tout autre version des faits. La compagnie soutient que Mme Hamel a été renvoyée parce qu'elle a conclu cinq ventes en 31 heures de travail, soit moins de la moitié du résultat demandé.
L'entreprise ajoute que la première rencontre avec Mme Hamel s'est faite avec un superviseur et non pas avec la vice-présidente de la compagnie.
RSVP affirme aussi qu'elle a plus de 200 employés et que sa principale force est justement d'engager des personnes de différentes religions. RSVP a demandé au Tribunal de rejeter la plainte de Mme Hamel.
Le commissaire Neuenfeldt a plutôt donné jusqu'au 3 janvier à l'entreprise pour lui fournir d'autres réponses.

Source: cyberpresse
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