"lefaso" a rencontré Tiégo Tiemtoré qui revient sur ce qui l’a marqué courant 2007 sur le plan religieux, tant au Burkina qu’au niveau international.
-"Le Pays" : Quels sont les événements qui vous ont marqué sur le plan religieux au Burkina en 2007 ?
-Imam Tiégo Tiemtoré : Au niveau national on peut noter, en premier lieu, l’opérationnalisation de la Fédération des associations islamiques du Burkina Faso (FAIB). L’année 2007 a vu la création des commissions techniques et le démarrage de certains travaux. C’est une avancée notable parce que cela marque la volonté des uns et des autres d’aller à l’unité. Il faut que l’on fasse des prières pour que le travail en commissions puisse s’effectuer convenablement et produire des résultats satisfaisants, à la hauteur des attentes de la communauté et, partants, du pays tout entier.
En deuxième lieu, il faut saluer à sa juste valeur la réouverture de la mosquée centrale. Cette crise affectait autant les musulmans que les citoyens ordinaires parce que la fermeture d’un lieu de culte est toujours déplorable dans le domaine spirituel.
Dans le Coran, Allah dit : "Si vous divergiez sur quelque chose, retournez aux valeurs qui fondent votre religion, c’est-à-dire le Coran et la tradition du prophète Mohamed (Saw), si vous croyez en Dieu et au jour dernier. Cela est bien la meilleure des options." Les dirigeants du mouvement sunnite sont revenus à de meilleurs sentiments et c’est une bonne chose pour l’islam burkinabè et pour le Burkina, en général.
Le troisième fait notable est le Hadj 2007 et ses péripéties. Il faut dénoncer avec la dernière énergie le cafouillage qui a eu lieu. Qu’est-ce qui explique que le Hadj, qui est une activité programmée annuellement et à des moments bien précis par les musulmans, souffre autant d’inorganisation ? Les musulmans du Burkina Faso sont-ils incapables de gérer leurs propres affaires ? Si c’est le cas, qui d’autre donc doit le faire à leur place ?
Le pèlerinage est le cinquième pilier de l’islam. On a fait du Hadj un enjeu financier alors qu’il est, avant tout, un voyage spirituel.
-Et au niveau international ?
-Ce qui a retenu mon attention à ce niveau est la visite du Roi d’Arabie saoudite au Vatican. C’est un exemple de rapprochement des confessions religieuses. Il ne faut pas oublier qu’aux premiers temps de l’islam, les musulmans ont été protégés par le roi d’Ethiopie, alors qu’il n’était pas musulman.
A Médine, le prophète Mahomet (sawa) recevait dans sa mosquée des délégations judéo-chrétiennes et s’entretenait avec elles sur les voies d’amélioration des rapports inter-communautaires. Nulle part dans les textes religieux, il n’est écrit d’être belliqueux, hargneux ou contre tout le monde. Si des responsables de confessions religieuses se rencontrent, tant aux niveaux national qu’international, cela est un bon signe de fraternisation.
Nous sommes tous des créatures de Dieu et nous avons tous le devoir d’œuvrer à ce que la terre de Dieu soit véritablement une, c’est-à-dire qui soit le reflet d’un sens des finalités et d’un horizon de valeurs pour chaque fils d’Adam.
Source: lefaso