Depuis 2006, les fêtes du nouvel an musulman à Nabeul proposent un concours de fabrication de poupées en sucre. Le vainqueur reçoit mille dinars et les deux suivants 500 et 250 dinars.
Comme le reste du Maghreb, la Tunisie célèbrera le nouvel an musulman mercredi 9 janvier. La tradition varie d'un gouvernorat à un autre en fonction des habitudes et des traditions des sheiks et des anciens, qui supervisent les détails de ces célébrations.
Tous les Tunisiens préparent du couscous et de la kadida, de la viande salée et séchée provenant du mouton de l'Aïd al-Adha. Ce plat, décoré de nombreux pois et légumes, est préparé avec un grand soin.
Dans le nord du pays et sur la côte, les gens préparent le couscous et la kadida la veille de la soirée du nouvel an. La veille elle-même, les Tunisiens mangent de la mouloukhia (des légumes verts cuits à l'étuvée), des tartes et des gâteaux fourrés de dattes, "pour que la nouvelle année soit verte, fructueuse et douce", explique Manoubia Idoudi.
Elle déclare participer elle-même à la préparation de ces plats et empêche sa fille d'ajouter des pois chiches, parce qu'ils "porteraient malheur à leur famille pendant l'année, car ils sont symboles de dureté et de malchance".
Idoudi parle aussi de la tradition consistant à cuire des oeufs et à les mettre dans un bidon devant la maison et sous les gouttières la nuit précédant la soirée du nouvel an, expliquant que cela est censé "nous apporter une année de pluie bénéfique pour les plantes et les hommes".
Bien que les Tunisiens diffèrent à quelques détails près de la date associée à la Hijra (voyage) du Prophète Mahomet (SAWA) de la Mecque à Médine, la ville de Nabeul célèbre cette fête religieuse à sa propre manière.
Les familles de la région côtière font cuire de la mouloukhia rougie au dernier jour de l'année du calendrier musulman et entament la nouvelle année avec du couscous, la kadida et de l'osban séché (intestins de mouton ou de vache farcis de riz) décoré avec des oeufs bouillis, des pois chiches, du sucre, des friandises et des fruits secs.
La table des enfants est souvent garnie d'un plat de couscous en bois avec un jouet en sucre en son centre. Ce jouet a habituellement la forme d'un coq ou d'un cerf pour les garçons, et d'une poupée pour les filles. Durant la dernière semaine de l'année, les magasins sont remplis de ces poupées que l'on garde en général jusqu'aux vacances de l'Achoura.
L'origine et la signification de ces poupées en sucre est inconnue. Certains affirment que la tradition remonte à l'époque des Phéniciens, d'autres expliquent qu'elle vient des Juifs ou des Italiens, car la ville de Palerme est réputée pour ses poupées en sucre.
Cette fête s'adresse bien au-delà des seuls habitants de Nabeul. Il y a dix ans, les autorités municipales ont fait de cette fête un événement parrainé par le Ministère de la Culture.
Dans les jours précédant le nouvel an musulman, les places de la ville proposent des expositions d'art où les gens peuvent écouter des conférences et assister à des films sur les poupées en sucre.
Source: magharebia