Des quatre monarchies arabes (Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis, Arabie saoudite) au programme de la tournée de M. Bush dans le Golfe, toutes gouvernées par des dynasties sunnites, Bahreïn est la seule dont la population autochtone soit majoritairement chiite.
Les chiites représentent 60 % des Bahreïnis, qui eux-mêmes constituent environ les deux tiers des quelque 700 000 habitants du pays.
Plusieurs milliers de militaires américains sont stationnés à Bahreïn, où est basée la Ve flotte.
« Le peuple ne partage pas l’accueil réservé à cette visite, qui ne fera que perpétuer la tyrannie et l’hégémonie arrogante » des États-Unis dans la région, a proclamé le Conseil islamique des oulémas, la plus haute instance du clergé chiite bahreïni.
Le Conseil a évité d’évoquer les pressions américaines sur l’Iran, un pays dont les chiites bahreïnis sont proches.
À Manama, devant le bureau de l’ONU, des dizaines d’activistes d’associations de jeunes Bahreïnis, chiites et sunnites, ont participé à un sit-in pour protester contre la visite de Bush.
À Diraz, un village chiite à l’ouest de Manama, quelque 200 personnes ont participé, à l’issue de la prière hebdomadaire, à une marche de protestation contre la visite.
Des associations politiques ont pour leur part appelé les gouvernements de la région à « rejeter toute demande (américaine) de normalisation avec Israël » ou d’« une déclaration de guerre à l’Iran », a rapporté la presse locale.
Les partis politiques sont officiellement interdits à Bahreïn, comme dans les autres monarchies du Golfe, mais ils existent sous forme d’« associations ».
Le principal groupe d’opposition chiite, l’Association de l’entente nationale islamique, détient 17 des 40 sièges de la Chambre.
Source: lorient-lejour