Vêtus de noir en signe de deuil, des cohortes de fidèles se pressaient à l'entrée de Kerbala (110km au sud de Bagdad), dont tous les accès ont été bouclés par les forces de sécurité irakiennes et interdits aux véhicules, a constaté un journaliste de l'AFP.
Quelques processions de pénitents, qui se flagellent le dos à coups de fouets aux chaînes d'acier, ont commencé à sillonner les rues de la ville, remettant en scène le martyr de Hussein (AS), qui se sacrifia en 680 à la tête de ses 71 compagnons face à l'armée de Damas.
La fête de l'Achoura commémore la fin tragique de Hussein (AS), petit-fils du Prophète Mahomet (SAWA), fils d'Ali (AS), fondateur du chiisme, tué par les troupes du califat sunnite des Omeyyades, dans une bataille inégale dans le désert de Kerbala.
"Si le flot de pèlerins se poursuit à ce rythme, plus de deux millions de personnes sont attendues à Kerbala d'ici samedi", point d'orgue des célébrations, a estimé jeudi au cours d'une conférence de presse le gouverneur de Kerbala, Akil al-Khazali.
Plus de 3.400 pèlerins venus des pays du Golfe (à l'exception de l'Iran) sont déjà arrivés sur place, a précisé M. Khazali.
Des mesures exceptionnelles de sécurité ont été mises en place à Kerbala ainsi que dans l'autre ville sainte chiite de Najaf (160 km au sud de Bagdad), par où transitent également les pèlerins.
En prévision de l'arrivée de ces centaines de milliers de personnes, près de 24.000 policiers, militaires et agents en civils ont été déployés dans la région, dont 20.000 à Kerbala même, selon M. Khazali.
Tous les fidèles sont fouillés à leur entrée dans la ville, et environ 500 femmes, membres des forces de sécurité, ont en particulier la charge d'inspecter les femmes.
Source: AFP