Privée d'électricité, Gaza est au bord de la crise humanitaire

9:41 - January 22, 2008
Code de l'info: 1622164
Gaza(IQNA)- La bande de Gaza, soumise à un blocus israélien depuis quatre jours, était lundi au bord de la crise humanitaire, le Hamas accusant Israël d'avoir "condamné à mort" la population de ce territoire.
Faute de fuel, l'unique centrale électrique, qui alimente notamment Gaza-ville, a cessé de fonctionner dimanche.
Après une nuit dans l'obscurité, la ville tournait au ralenti lundi matin. En raison de la pénurie d'essence, seules quelques voitures circulaient dans les rues alors que la plupart des boulangeries étaient fermées.
Les coupures d'électricté ont également perturbé le fonctionnement des hôpitaux qui s'efforçaient de maintenir en activité leurs services d'urgence, ainsi que le réseau de distribution d'eau potable.
"Si vous vivez dans la crainte de ne pas pouvoir nourrir vos enfants ou leur donner un bain chaud et que vous êtes privé des produits de première nécessité, c'est que vous faites face à une crise humanitaire", a déclaré à l'AFP Christopher Gunness, porte-parole de l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA).
Il a déploré "une situation humanitaire désespérée qui se détériore à un rythme alarmant".
Outre le blocus, Israël a multiplié les attaques dans la bande de Gaza depuis le 15 janvier, faisant 37 morts, pour tenter de mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes sur le territoire israélien.
Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a accusé Israël d'avoir "condamné à mort" ce territoire.
"Ce complot visant à humilier Gaza est voué à l'échec. Malgré les douleurs et les souffrances nous n'allons pas hisser le drapeau blanc", a déclaré le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri.
"La peine de mort à laquelle l'occupant a condamné la bande de Gaza expose notre peuple à une mort lente à travers le renforcement du blocus et l'arrêt des fournitures d'électricité. Gaza se retrouve sans médicaments, sans nourriture et sans électricité", a-t-il dit.
Il a aussi dénoncé le "silence" de la communauté internationale, assimilant cette attitude à "un crime non moins grave que ceux de l'occupation".
Le numéro un du Hamas Khaled Mechaal, basé à Damas, a pour sa part lancé un vibrant appel aux dirigeants arabes pour qu'ils interviennent afin d'obtenir la levée du blocus et la fin des attaques israéliennes.
"Vous êtes responsables devant Dieu pour chaque Palestinien qui meurt à Gaza. Si vous ne soutenez pas les Palestiniens, Dieu et vos peuples ne vous pardonneront pas", a-t-il affirmé.
Israël s'efforçait de son côté de minimiser l'effet de ses mesures. Le porte-parole du ministère de la Défense Shlomo Dror a ainsi affirmé "qu'il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza", évoquant une "propagande" du Hamas.
Selon l'armée israélienne, les tirs de roquettes de Gaza ont fortement diminué depuis vendredi. Au cours des dernières vingt-quatre heures, seules sept roquettes ont été tirées, dont deux ont touché le territoire israélien, sans faire de victime.
Sur le plan diplomatique, les délégués permanents auprès de la Ligue arabe devaient se réunir en urgence lundi au Caire pour discuter du blocus israélien et demander à la communauté internationale de faire pression sur Israël, selon son secrétaire général adjoint Ahmed ben Hilli.
Le président égyptien Hosni Moubarak s'est pour sa part entretenu au téléphone avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert pour "souligner la nécessité de mettre un terme à l'agression israélienne contre le peuple palestinien", selon l'agence officielle égyptienne MENA.
Source: AFP
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