La barre devrait être dépassée en 2010.
Cet accroissement est alimenté par la croissance économique des pays qui figurent au cœur de l’activité de la finance islamique et il est intéressant de constater que sur ces marchés, la croissance et les marges des banques islamiques sont supérieures à celle des banques dites conventionnelles.
Cela signifie pratiquement qu’il ne suffit pas d’être sur place pour profiter de l’aubaine macroéconomique et que le respect des préceptes de la charia constitue un filtre gouvernant l’accès à la manne économique.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir les nouveaux entrants se multiplier et aujourd’hui, il n’est plus une banque internationale de renom qui ne soit liée, à un titre ou à un autre, à la finance islamique.
L’une des conséquences majeures de ce phénomène est une augmentation significative de la compétitivité. Les investisseurs ont maintenant la possibilité d’opter pour des établissements qui répondent à la fois à leur souci éthique et à leur appétence financière.
Ce choix, évidemment, avantage certaines banques au détriment d’autres.
Ainsi, le label « islamique » et les capacités plus ou moins évoluées d’ingénierie financière islamique ne suffisent plus pour faire partie des grands joueurs. Certes, l’aptitude technique reste une compétence-clé, mais ne constitue plus un avantage compétitif.
En fait, comme en finance dite conventionnelle, le « plus » réside sans doute dans le talent managérial des décideurs ; dans leur faculté à évaluer les situations, à gérer les risques, à adopter les décisions pertinentes et à organiser leur entreprise de façon à la rendre la plus efficiente possible.
Le problème que risque de rencontrer l’aspirant manager d’une banque islamique est que les programmes spécifiques visant à former des dirigeants de la finance islamique n’existent pas encore.
L’offre se cantonne à des diplômes qui n’accordent à la finance islamique que quelques crédits dans le cadre d’options de programmes généralistes de finance, de diplômes et certificats qui consacrent exclusivement leur cursus à l’exploration des différentes facettes de la finance islamique en mettant l’accent sur les aspects religieux et légal ou de séminaires professionnels qui éclairent techniquement différents aspects des opérations de la finance et de la banque islamique.
Il manque à ce panorama un programme qui envisage les relations entre la finance islamique et la finance dite conventionnelle en termes de synergie ; la première bénéficiant des capacités techniques de la seconde et cette dernière s’inspirant des aspirations éthiques de la première.
La mise en place d’un tel programme passe par une modification de la conceptualisation du champ de la finance qui est à envisager comme étant formé de la conjonction des deux formes de finance au lieu d’être confondu avec la finance dite conventionnelle. Ce « saut conceptuel » a de plus l’avantage d’ouvrir les possibles stratégiques des banques islamiques et des banques dites conventionnelles, et pourrait bien constituer l’une des bases des avantages concurrentiels des banques de demain.
Source: lorient-lejour