Les textes sont clairs et la réprobation à l’encontre de l’usure (rîba) très sévère. Que l’on soit d’ailleurs emprunteur ou créancier. Il existe certes un avis ultraminoritaire qui lève l’interdit pour l’achat d’une maison, à condition que plusieurs critères très précis - et dans les faits inapplicables en France - soient remplis. Même si beaucoup ont pris prétexte de cet avis - isolé et très controversé - pour contracter un crédit bancaire et s’acheter une maison, la règle en matière d’usure, c’est l’interdit. Ce que n’ignore pas l’Etat canadien qui a lancé un appel d’offres le 18 décembre dernier en vue de réaliser une étude sur des prêts hypothécaires en conformité avec les principes islamiques.
Si les différentes mesures peuvent convenir à certains, elles sont inapplicables s’agissant des musulmans. Comme précisé plus haut, les prêts à intérêts sont prohibés en islam. Or pour acheter un appartement ou une maison, il faut nécessairement passer par une banque ou un organisme de crédit. Sauf si, bien entendu, on dispose de la somme intégrale et que l’on paie cash son bien ; ce qui n’est évidemment pas donné à tout le monde.
Qui dit banque, dit intérêts et donc interdiction de contracter un prêt. Or l’interdiction ne peut être levée qu’au cas par cas, après étude de la situation de la personne voulant emprunter par un mufti, c’est-à-dire une personne de science, habilitée à émettre un avis juridique. Et c’est seulement s’il y a nécessité absolue (dharûra) que l’interdit est levé, en vertu du principe : ad-dhadhûrât tubiHu al-mahdûrât, que l’on traduit par “la nécessité lève l’interdit“. Principe que l’on retrouve dans l’adage français : “Nécessité fait loi”.
En lançant cet appel d’offres, la SCHL répond en outre à une difficulté rencontrée par les banques, qui ne savent pas comment attirer et satisfaire une clientèle musulmane grandissante.
La demande est là, mais l’offre est inadéquate. Comme le rappelle le site Internet Canoe, elle “emboîte ainsi le pas au Bureau du surintendant des institutions financières. L’organisme a déjà annoncé qu’il examinait des questions réglementaires relatives aux services financiers islamiques.”
Source: al-kanz