Le président du Haut Conseil Islamique (HCI) est revenu sur la polémique qui a éclaté entre lui et le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Bouabdellah Ghlamallah, à propos de ses déclarations sur la gestion du fonds zakat.
En effet, le président du HCI, institution dépendant de la présidence de la République, avait précisé que l’argent de la zakat ne devrait pas être utilisé pour financer les microentreprises ou autres projets économiques, mais aller directement aux nécessiteux.
C’était la semaine dernière dans l’émission « Tahaoulat » de la radio Chaîne I. A l’appui, il a cité le verset 60 de la sourate Tawba qui confirme expressément son exégèse.
Il n’en fallait pas plus pour faire réagir le ministre des Waqfs qui a perçu la « précision » comme une déclaration de guerre du cheikh Bouamrane.
Sur un autre plan, cheikh Bouamrane, titulaire d’un doctorat en philosophie, a levé un coin du voile sur les relations presque conflictuelles qu’entretient son institution avec le ministère des Waqfs.
Il révélera ainsi que c’est le HCI qui a été à l’origine de la loi régissant les cultes non musulmans en Algérie promulguée en 2006, suite à une proposition formulée à la Présidence comme solution pour lutter contre le prosélytisme religieux.
Il affirmera également qu’il s’était opposé à l’installation de Dar El Ifta (institution de prédication) que devait présider le mufti de la République, tel que proposé par le département de Ghlamallah.
« Nous avons expliqué au chef du gouvernement qui a demandé notre avis, qu’il était mal à propos de créer une institution lourde à la façon d’un ministère avec ses directions et ses structures locales. En fait, c’était un ministère bis qui était projeté. »
Cheikh Bouamrane n’a pas manqué de souligner que la présidence de cette structure fait courir beaucoup de monde, notamment parmi les cadres du ministère des Affaires religieuses.
« Des gens font le pied de grue nuit et jour devant la porte du ministère et de la Présidence dans l’espoir d’obtenir le poste », ironise-t-il. M. Bouamrane précise néanmoins que le mufti de la République devrait être une personne « moralement irréprochable et intellectuellement compétente » pour être à la hauteur d’une mission aussi sensible qu’importante.
Source: elwatan