Colloque International sur l'Islam : Pour un retour aux valeurs religieuses

11:48 - February 05, 2008
Code de l'info: 1626459
Dakar(IQNA)- “ L’Islam dans les sociétés de l’Afrique subsaharienne ”, c’est le thème du colloque international ouvert hier à Dakar.
Organisée par la Fondation Konrad Adenauer en collaboration avec l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, cette rencontre qui a réuni des experts de dix pays d’Afrique et d’Europe a été l’occasion pour les participants d’appeler au retour aux enseignements de la religion pour répondre aux interpellations du monde moderne.
Il y a dans l’Islam des valeurs de démocratie, de justice sociale, de développement des ressources humaines qui sont les grands thèmes du développement actuel. Face aux maux qui gangrènent aujourd’hui la société, Serigne Mansour Sy Djamil estime qu’il faut que les hommes reviennent sur les enseignements du livre.
“ Qu’est-ce que Dieu a dit sur l’éducation ? La première chose que Dieu nous dit : il faut absolument qu’on éduque. Les présidents Sarkozy, Bush et Wade disent que la priorité des priorités, c’est l’éducation ”, souligne-t-il. Serigne Mansour Sy Djamil représentait le président de la Fédération des associations islamiques du Sénégal, Serigne Abdoul Aziz Sy, à l’ouverture du colloque international sur le thème : «L’Islam dans les sociétés de l’Afrique subsaharienne : défis et réponses », organisé par la Fondation Konrad Adenauer, en partenariat avec l’université Cheikh Anta Diop. Des experts venus de dix pays d’Afrique et d’Europe prennent part à ce colloque. Serigne Mansour Sy Djamil ajoute que quand il s’agit de la démocratie, elle est admise par l’Islam à travers le principe de la consultation.
“ Dieu décide, un petit homme lui dit que ce que vous avez décidé n’est pas bon, Dieu l’accepte. C’est le fondement de la démocratie : accepter le point de vue de l’autre, avoir l’humilité intellectuelle de bénéficier de l’expérience de l’autre ”, sermonne-t-il. Mansour Sy estime également qu’en retournant aux enseignements, les Musulmans répondront aux interpellations que le monde moderne adresse à l’Islam, à ses fidèles. Car, selon lui, “ ce n’est pas l’Islam qui est en cause ”. “ Ce sont les Musulmans qui sont en cause. Il faut qu’ils fassent une introspection pour essayer de tirer profit de ces enseignements ”, confesse-t-il. Député européen, le Pr. Hans Peter Mayer a fait un exposé sur “ le rôle du Christianisme dans la culture politique européenne. Il estime que les valeurs de paix, de tolérance, de dignité humaine sont cultivées en Europe. Et cela avec le concours de l’idéologie chrétienne. Il a mis en exergue les vertus de la démocratie avec le rôle déterminant des peuples dans le choix des hommes devant présider aux destinées des nations. Avant de dire que d’ici à 2009, sans l’acceptation de toutes ces valeurs, l’adhésion à l’Union Européenne ne sera point possible.
Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Me Ousmane Ngom, qui a ouvert les travaux, a, pour sa part, revisité le rôle des figures charismatiques comme Cheikh Ahmadou Bamba, Thierno Souleymane Baal, El-hadji Malick Sy, etc. qui ont joué un grand rôle dans la propagation de l’Islam, des côtes sénégalaises au Soudan. Selon lui, l’Islam confrérique, fécondé par la tradition et la culture négro-africaine, a su résister aux agressions extérieures comme la traite des hommes. Pour lui, l’Islam a répondu a deux défis : la préservation de l’identité culturelle négro-africaine, le respect des préceptes de l’Islam. Cette réussite a été facilitée par la tolérance, le respect des guides spirituels, entre autres, selon le ministre d’Etat.
Auparavant, Stéphan Erdle du siège de la Fondation Konrad Adenauer, en Allemagne, a souligné que le dialogue entre les religions est un des soucis majeurs de son organisation. Il a déploré la montée de “ l’Islamisme radical ” qui a provoqué une violence massive. Pour lui, ces facteurs ont poussé la Fka à renforcer le dialogue pour participer au dénouement des tensions. Le Recteur de l’université C. A. Diop, Abdou Salam Sall, a magnifié le partenariat du temple du savoir avec la fondation allemande. Il a saisi l’occasion pour appeler l’université à s’impliquer davantage dans la préparation des thèmes et sujets qui vont rythmer le onzième sommet de l’OCI prévu en mars prochain à Dakar.
Source: lesoleil
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