Le Hadj à partir du Burkina Faso a été celle de toutes les difficultés. En tout cas, c’est l’opinion qui semble de plus en plus partagée, amenant certains citoyens à demander purement et simplement un retour de l’Etat à l’organisation du Hadj. Une vision balayée du revers de la main par la commission technique nationale qui a conduit les pèlerins burkinabè 2007 sur les lieux saints de l’Islam.
La commission s’est fait entendre à travers une conférence de presse qu’elle a animée à son siège dans la soirée du samedi 2 janvier 2008.
Pour le président de la ladite commission El Hadj Abdoul Rasmané Sana, l’organisation du Hadj n’était pas des meilleures sous la coupe de l’Etat. Pour preuve, a-t-il déclaré, "nous devions louer des ordinateurs pour travailler alors que maintenant nous avons des ordinateurs pour la commission, l’organisation du Hadj connaissait des déficits (précision : plus de 50 millions de crédit en Arabie Saoudite), beaucoup de gens en profitaient parce que l’Etat a le dos large, ...".
Au financier de la commission technique nationale, Issa Dianda, de renchérir en affirmant que le retour du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD) à l’organisation du Hadj n’est pas encore à l’ordre du jour.
Par ailleurs, précise-t-il l’Etat continue d’accompagner la communauté musulmane dans la conduite du pèlerinage avec une cellule d’appui regroupant six ministères.
Tout en reconnaissant que le dernier Hadj a connu des difficultés surtout en matière de transport, Issa Dianda estime que celles-ci ne sont pas imputables à la commission d’organisation mise en place "seulement quelques trois semaines" avant le départ pour La Mecque.
"Nous n’avions plus beaucoup de temps", a expliqué pour sa part le président Abdoul Rasmané Sana. Des démarches sont donc entreprises auprès des compagnies via des agences de voyage.
La compagnie Air Sénégal international qui avait l’habitude ces dernières années de transporter les pèlerins burkinabè pose une condition, nous a relaté El Hadj Sana : "Ne pas avoir à aller chercher les pèlerins à Bobo-Dioulasso", capitale économique du pays des Hommes intègres.
En clair, ladite compagnie, aux dires du président, demandait un regroupement des 1962 pèlerins à Ouagadougou pour le voyage. Et comme la commission ne voulait pas de cette condition, d’autres pistes sont envisagées avec STMB-Tour.
A écouter El Hadj Sana, les retards accusés n’ont nullement affecté la participation des Burkinabè aux différents rituels du Hadj. Des conditions d’hébergement, la commission reconnaît l’éloignement du bâtiment ayant accueilli les Burkinabè du lieu de déroulement du Hadj. "Pour avoir des logements bien situés, il faut s’y prendre tôt", justifie le financier Issa Dianda. Par ailleurs, a-t-il expliqué les bâtiments à côté de "Aram" ne sont pas toujours à la portée des pèlerins burkinabè.
Source: lefaso