"Le phénomène du prosélytisme est devenu, depuis quelque temps, plus visible et plus cynique dans notre pays qu’avant l’indépendance nationale, où nous avions souffert des tentatives d’évangélisation", a affirmé M. Bouamrane sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale.
Le président du HCI qui intervenait à la suite à la rediffusion par la même chaîne d’un reportage, réalisé en 2007 sur ce phénomène dans le monde et particulièrement en Algérie, a rappelé les anciens accords signés entre l’Algérie et le pape catholique décédé Jean Paul II sur cette question, et affirmé que les nouveaux évangélistes "profitent" de la misère sociale des individus pour les convertir.
Il a également estimé que les nouvelles conversions à ce courant évangélique ne sont pas faites par "conviction" mais, plutôt, pour des raisons inhérentes à des "intérêts évidents". "La fuite vers l’étranger par le truchement de moyens légaux et la possibilité de bénéficier d’un poste de travail, sont autant de raisons exploitées par ces groupes dans leur démarche", a-t-il relevé. Par ailleurs, M. Bouamrane a réfuté la thèse consistant à insérer ce mouvement dans le cadre de la liberté de conscience, soulignant que "ces actions sont accomplies par la voie du dénigrement de l’islam".
Il a, à cet effet, indiqué que la nouvelle loi qui régit la pratique du culte en Algérie "intervient au bon moment", ajoutant que sur le plan de la liberté de culte, "la minorité musulmane en Occident est étroitement surveillée par les services de sécurité, sans compter qu’elle est souvent, en proie aux soupçons pour appartenance à des groupes terroristes".
"En exigeant la pratique de culte dans la clarté, nous tentons d’empêcher celle des sectes clandestines et nous ne nous conformons qu’à la législation de notre pays dans ce domaine", a-t-il soutenu.
Il s’est en outre interrogé sur ces pratiques clandestines au moment, a-t-il rappelé où, "la législation algérienne permet la pratique du culte en toute liberté".
Le ministre des Affaires religieuses et des wakfs, M. Bouabdellah Ghlamallah a dans ce contexte appelé pour sa part au respect de la législation algérienne dans ce domaine qui, a-t-il dit, n’autorise pas la construction des lieux de culte, y compris des mosquées, même si l’Islam est la religion de la majorité du peuple algérien , "sans l’autorisation préalable et personnelle" du ministre du secteur. "Ce qui se fait actuellement sur cette question est illégal" a-t-il martelé, assimilant ceux qui édifient clandestinement des églises à des "hors la loi". Monseigneur Tessier, Archevêque d’Alger a estimé de son coté que ce phénomène est un "mouvement dont les groupes encouragent des conversions simplistes " ce qui se contredit avec la "rigueur" du catholicisme qui "possède, ajoute-t-il, des repères très anciens".
Expliquant le recours de ces groupes à des lieux tels que les garages et les greniers, M. Slimane Zeghidour, journaliste a expliqué que la doctrine évangélique qui s’adresse aux individus et non pas aux communautés profitent de la désagrégation de la structure familiale et de l’atomisation des zones rurales.
Source: elmoudjahid