Les réactions ont été nombreuses après que le gouvernement intérimaire du Pakistan a déclaré, le 23 janvier dernier, qu'il allait mettre en application un projet intitulé « Shar'i Nizam-e-Adl Regulation 2008 », consistant à remplacer les institutions judicaires civiles par des tribunaux islamiques dans trois districts de la Province de la Frontière du Nord-Ouest.
Des chrétiens ont joint leur voix aux partis politiques, aux associations du barreau et aux ONG mobilisés contre ce projet, qui reviendrait, selon eux, à priver les gens de leurs droits fondamentaux.
La mesure, présentée par le gouvernement comme nécessaire pour mettre fin à l'état de rébellion qui prévaut dans cette région, notamment dans le district de Swat, prendrait effet immédiatement. Elle n'attend plus que la signature du président de la République.
Ce texte de loi prévoit de faire de la charia, la loi islamique, l'unique source du droit dans les districts de Chitral, de Dir et de Swat. A l'issue d'une formation accélérée en droit islamique, les juges ordinaires deviendront des qazi, des juges islamiques, et se verront flanqués d'«assistants », choisis parmi les chefs tribaux locaux.
Ces tribunaux islamiques auront à entendre toutes les affaires, que les parties concernées soient musulmanes ou non, et l'unique possibilité d'appel sera la Cour fédérale de la charia, où avocats et juges sont exclusivement de religion musulmane.
Il est toutefois précisé que, pour certaines affaires civiles impliquant des membres de communautés religieuses non musulmanes, notamment les affaires relevant du droit de la famille ou de la pratique religieuse, les jugements seront rendus sur la base des lois spécifiques à ces communautés, plutôt que sur la charia.
Source: zenit