Le mufti de Marseille: "Aujourd’hui les musulmans grimpent la pyramide sociale dans tous les domaines"

11:26 - February 11, 2008
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France (IQNA)- Soheib Bencheikh, le mufti de Marseille, revient dans un entretien sur les raisons qui l’ont amené à créer l’Institut supérieur des sciences islamiques de France.
Il aborde également les rapports qu’entretiennent les jeunes musulmans de France avec la religion musulmane, peint un portrait sans fard du président français Nicolas Sarkozy et avoue son rêve de voir l’islam des « lumières » triompher de la « rue » et des « élites » occidentales.
-De mufti de la « grande mosquée » de Marseille, vous devenez, depuis avril 2007, directeur d’une institution de formation et de recherches, l’ISSI, pourquoi ce passage du théologique au scientifique ?
-L’Institut supérieur des sciences islamiques est une institution très importante. Elle n’a pas vocation théologique, elle est académique et de recherches. Je voudrais souligner à ce titre son caractère apolitique. L’ISSI est ouvert à tous et pas uniquement aux musulmans. Formation continue et sensibilisation publique sont entre autres ses principaux objectifs. En ce moment, il est subventionné par une seule collectivité (Conseil général de Marseille, Ndlr) et je dois dire que pour devenir autonome, il faudrait des aides. Les aides publiques : moi je n’y crois pas trop, c’est pour cela que je sollicite ici en Algérie, mon pays d’origine, les donateurs privés pour nous soutenir financièrement.
-Dans votre analyse, vous avez mis le doigt sur un certain « complexe d’appartenance à l’Islam », est-ce une tendance lourde chez les jeunes musulmans de France ?
-Pas tous. La majorité des jeunes s’épanouit tous les jours et ne rêve que de cohésion entre leur foi et leur réussite sociale. Je peux vous assurer qu’aujourd’hui que les musulmans grimpent la pyramide sociale dans tous les domaines. Nous avons une minorité de jeunes, notamment les exclus qui accumulent toutes sortes de maux sociaux et économiques, celle-là cherche à minimiser son appartenance à l’Islam ou n’affiche l’Islam qu’à travers certains comportements et apparences.
-Le CFCM, le Conseil français du culte musulman, la première structure officielle et représentative des musulmans de France, est sorti de l’ombre en 2003 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Devenu président de la République depuis mai 2007, Sarkozy a-t-il d’après-vous poursuivi son projet de réorganisation de l’Islam de France ?
-On ne comprend pas trop. Aussi étonnante que puisse paraître sa capacité de travail, Sarkozy est surtout capable de faire la chose le matin et son contraire le soir. Il n’a pas une conviction ferme, pas de visibilité : il navigue à vue, déroute ses observateurs. Cette façon de faire est en soi une véritable rupture avec ce qu’a longtemps été la tradition française.
Source: elwatan
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