Débat en belgique sur la représentativité du culte musulman

11:00 - February 15, 2008
Code de l'info: 1628974
Belgique(IQNA)- La gestion du culte musulman en Belgique suscite depuis quelques jours un vif débat au sein de la classe politique et de la société civile, suite notamment à la récente décision du ministre de la justice Joe Vandeurzen de suspendre les subsides versés à l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), dont le staff dirigeant est soupçonné de malversations et de mauvaise gestion.
Cette situation a mis au goût du jour la question de la représentativité des Musulmans en Belgique et a suscité la réaction de certains acteurs associatifs, notamment du président du Mouvement contre le racisme et la xénophobie (MRAX), le Marocain Redouane Bouhlal, qui a proposé la tenue d'assises de l'Islam où il serait question d'élire de façon ""libre et indépendante"" un organe chargé de la gestion du culte.
Dans son esprit, ces assises devraient rassembler des responsables ou des acteurs de toutes les origines (marocaine, turque, pakistanaise, convertie, albanaise), mais aussi de toutes les sensibilités religieuses (sunnites, chiites, soufis, etc) présentes dans la société belge.
La proposition de ce militant associatif, qui a été accueillie favorablement par certains partis politiques, notamment le Mouvement réformateur (MR) dirigé par le vice-premier ministre Didier Reynders, s'explique aussi par "" une volonté de gérer le culte musulman de façon démocratique loin de toute emprise étrangère "".
Dans un communiqué publié récemment, le MR a affirmé que ces assises, dont la date n'est pas encore fixée, devraient rassembler entre autres ""des personnalités indépendantes, qualifiées et de haute moralité, ainsi que les représentants des différentes tendances musulmanes démocratiques en Belgique, afin de repenser la représentation officielle du culte musulman "".
Il s'agit aussi pour les Musulmans de Belgique, selon le MR, de ""choisir, sans ingérence politique quelle qu'elle soit, leurs représentants et d'organiser leur culte dans le respect de la loi et des valeurs démocratiques de la société belge"".
L'idée a également été soutenue par le parti Ecolo, lequel estime qu'il faudrait ""permettre la construction, en toute indépendance, de structures appropriées pour servir d'interlocuteur à l'Etat Belge et gérer le temporel du culte (mosquées, professeurs de religion islamique, aumônières,...)"" ce qui, selon lui, ""permettra ainsi au culte musulman d'être enfin traité comme les autres cultes reconnus "".
Quant au président de l'actuel EMB, le Turc Coskun Beyazgül, il a proposé, dans des déclarations citées par la presse belge, un système de délégués de plusieurs fédérations islamiques similaire à celui qui existe en France et qui mènerait à l'élection de responsables désignés par des ""grands électeurs"".
Pour lui, cette démarche permettrait d'intégrer toutes les écoles de pensée de l'Islam et chaque grand courant serait représenté selon son poids représentatif : nombre de mosquées, d'associations au sein d'une Fédération des musulmans de Belgique.
Le culte musulman a été reconnu officiellement en Belgique en 1974. Depuis cette date, il est géré par l'Exécutif des Musulmans de Belgique, un organe placé sous la tutelle du ministère fédéral de la justice.
Source: Map
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