Tariq Ramadan avec deux autres théoriciens musulmans à Bruxelles

12:40 - February 18, 2008
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Bruxelles (IQNA)- Islam, modernité, liberté, progrès, politique autant de sujets sensibles sur lesquels trois talentueux théoriciens de l’Islam ont échangé, à Bruxelles, quelques coups de fleuret.
Ce n’est jamais facile de débattre de la relation de l’Islam avec la politique. Et c’est là, le principal challenge que s’est imposé, vendredi soir, le monde universitaire belge en invitant, après bien des hésitations des autorités rectorales de l’Université libre de Bruxelles (ULB), trois des intellectuels les plus en vue de l’Islam.
Ainsi, Tariq Ramadan, Malek Chebel et Youssef Seddik ont, à l’invitation du Cercle du libre examen, le cercle des étudiants arabo-européens et le Collectif des 100 Valeurs, animé à l’ULB, une passionnante conférence-débat portant sur le rapport de «l’Islam aux lumières».
D’une capacité de 1200 places, le grand amphithéâtre Emile-Janson de l’ULB était comble. Jusqu’entre les gradins, le long des murs, sur l’avant-scène la «foule» d’étudiants, professeurs, journalistes, le ministre de l’Enseignement supérieur écoutait, tout ouïe, les échanges contradictoires de haut niveau des trois conférenciers.
Car, c’est de cela qu’il s’agissait, un débat contradictoire entre trois penseurs de l’Islam aujourd’hui. Entre un Malek Chebel qui appelle le «musulman à être utile» à la société et un Tariq Ramadan qui lui réplique «être utile par rapport à quoi, à partir d’où, pour quel objectif». Il fut davantage question du rapport de l’Islam à la modernité, à la démocratie, à la société européenne.
Sur les 20 minutes accordées à chaque orateur, Tariq Ramadan a réussi, tout en effleurant la question des musulmans dans l’Europe, à démonter l’idée qui attribue à l’Islam un seul apport aux lumières, celui de son apogée entre le VIIe et XVe siècles. «Ibn Roshd, Averroès pour les européens, n’est pas le seul rationaliste de l’Islam», rappelle-t-il.
Et de citer une série d’exégètes et de savants qui ont marqué la civilisation universelle...à ce jour.
«L’héritage de la culture et de la connaissance de l’Islam est immense, lourd, très lourd à cerner. Il faut du temps, beaucoup de temps et de patience aux chercheurs pour en saisir toute l’importance et la valeur», a-t-il ajouté en substance.
Dans ce même ordre d’idées, Tariq Ramadan explique qu’il «ne faut pas juger les civilisations les unes par rapport aux autres, parce que la temporalité n’est pas la même, qu’il faut les réconcilier».
Il dénonce, à cet effet, «la pensée binaire» qui tente à raisonner, systématiquement, par opposition, des faits historiques et de civilisation. Il conclut en invitant «au décentrage intellectuel» pour entrer dans l’univers de l’autre et le comprendre.
Le problème n’est pas, selon lui, dans le texte coranique, il est dans l’esprit de celui qui le lit et l’interprète. «Je représente l’Islam réformiste de l’intérieur...Je ne suis pas un musulman new-look. Le réformisme existe depuis l’avènement de l’Islam», affirme-t-il. Mais Tariq Ramadan ne put s’empêcher d’être politique. «Il faut que les musulmans en Europe dépassent le problème de l’intégration, pour aborder la post-intégration et poser les vrais problèmes politiques, sociaux, de droit des immigrés...»
Le Coran appelle à l’exercice de la raison», dit-il. Et d’ajouter.
Source: lexpressiondz
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