Des Dakarois se prononcent sur la tenue, dans leur ville, du sommet de l’OCI

14:06 - February 19, 2008
Code de l'info: 1630331
Sénégal (IQNA)- La campagne de communication tous azimuts menée depuis plusieurs semaines par l’Agence Nationale pour l’Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI) ne suffit pas à conférer à l’évènement, un intérêt unaniment partagé par les Dakarois, pour la rencontre de la Ummah islamique.
Quand les unes parlent de « tapage », voire de « propagande » comme "balise vers le pouvoir, pour Karim Wade", le fils du président de la République, par ailleurs président de l’ANOCI, d’autres, tout aussi déterminés et engagés, multiplient les initiatives à divers niveaux et secteurs, pour "la réussite du sommet".
« On n’a jamais autant parlé de l’OCI chez nous. Pourtant, ce n’est pas la première fois que le Sénégal va accueillir la communauté musulmane du monde. (La première fois c’était en 1991, ndlr) En outre, le sommet est loin des populations, qui ne pourront pas s’approcher des invités, ni des imams qu’on invite à prier. Tout cela, c’est de la propagande », soutient Mme Raki Fall, habitant à Mermoz, quartier résidentiel.
M. Diop, âgé de 70 ans et habitant Ouakam (village traditionnel de la banlieue dakaroise) déclare ne rien savoir de l’OCI. « On en parle beaucoup ces jours-ci, on ameute tout le monde, mais je ne vois pas ce que l’OCI va changer chez nous », a-t-il dit.
Ousseynou Fall, chauffeur de taxi, espère, en ce qui le cocerne, que le Sommet va apporter « quelque chose aux musulmans du Sénégal »
Une vendeuse de poisson, Mariam Diagne, établie sur la route des Almadies, menant à l’hôtel Méridien Président qui va abriter les travaux, souhaite « bon vent » au sommet, précisant toutefois qu’elle sera obligée de « fermer boutique sur ordre des autorités », à cause de la proximité de son commerce avec le « périmètre de sécurité ».
« Je ne vais pas travailler pendant quelques jours, cela va être difficile, mais c’est pour le bien du pays. Nous aurons des invités de marque, ils repartiront quelques jours et le quotidien reprendra », se rassure-t-elle..
Bachir Sané, journaliste au quotidien « Le Soleil » soulève des questions de fond et s’interroge sur les « principes de l’OCI ».
« L’OCI a été créée en 1969 pour la libération de la Palestine et pour l’union de la Oummah (communauté), mais de 1969 à aujourd’hui, on ne sait pas quel travail a été fait alors que les musulmans du monde sont confrontés à plusieurs défis d’ordre économique, social et culturel.
L’Islam est mal compris par les musulmans et méconnus par les autres civilisations. Il se pose de plus, au sein de la Oummah, des questions politiques. Il faut espérer que le sommet de Dakar mette l’Organisation sur les rails ».
Un étudiant comorien en marketing - communication à Dakar, Djamal Soilini, s’interroge, en ce qui le concerne, sur « l’objectif » de l’OCI.
La capitale sénégalaise est déjà en effervescence. Partout, panneaux publicitaires et luminaires portent les signes d’une ville qui se prépare à accueillir des hôtes peu ordinaires. Sans compter les grands travaux, qui commencent à changer notablement le visage de Dakar, mais dont les assises de l’OCI n’auront été qu’un prétexte à la réalisation.
En attendant les 13 et 14 mars 2008, pour le Onzième sommet des Souverains, Chefs d’Etat et Chefs de gouvernement.
Source: apanews
captcha