Un nouveau programme de sécurité rentre dans les mosquées algériennes

7:03 - February 20, 2008
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Alger (IQNA)- Les mosquées algériennes ont été depuis longtemps surveillées par le Gouvernement. Maintenant, en raison de l'émergence d'une nouvelle crise sécuritaire, la police a décidé de mener une campagne de sensibilisation.
Une série d'attaques violentes et d'attentats-suicides à l'explosif en Algérie ont mené les forces de sécurité à s'efforcer de faire disparaître l'extrémisme religieux dans les mosquées à travers des forums de dialogue. Un projet-pilote à El Oued devrait être étendu à travers tout le pays.
Une nouvelle flambée de violence et d'attentats-suicides en Algérie a forcé les forces algériennes de sécurité à tourner leur attention vers les mosquées, en raison du rôle qu'elles peuvent assumer dans le recrutement des terroristes.
Un contrôle officiel des institutions religieuses qui avait déjà été précédemment utilisé pour lutter contre le FIS (Front Islamique du Salut) aujourd'hui disparu, a été remis en place parallèlement à un programme de sensibilisation des jeunes, qui sont souvent les cibles du recrutement terroriste.
La police algérienne a donc amorcé ses opérations dans les mosquées, avec une méthode qui ne consiste ni à interroger des extrémistes suspects, ni mener une enquête sur d'éventuels adorateurs.
Au contraire, elle se rend dans les mosquées pour inviter des musulmans à des conférences qui se tiennent chaque soir après les prières, intitulées "l'Islam est tolérance". Ces rencontres, qui se tiennent dans des immeubles de voisinage, sont dirigées par des Imams, qui prônent le dialogue pacifique.
Bouabdellah Ghlamallah, Ministre des Affaires Religieuses, a dit à Magharebia que cette initiative est conjointement mise en place par son département et par le Ministère de l'Intérieur. "La lutte contre l'extrémisme religieux exige l'implication de tous. Ce n'est pas seulement le travail des mosquées. Les Imams ont un rôle à jouer, mais tout soutien est le bienvenu d'où qu'il vienne", déclare-t-il.
Ghlamallah maintient que le travail du Ministère des Affaires Religieuses et celui qui est mené par les forces de sécurité ne se chevauchent en rien. "Nous avons un ennemi commun", dit-il. "Les kamikazes qui se font exploser au nom de l'Islam et qui prennent la vie d'innocents".
Le Ministère des Affaires Religieuses a rencontré les Imams, mercredi 13 février, pour débattre du plan et pour encourager les leaders religieux à harmoniser leurs fatwas.
Sur ce point, Ghlamallah dit à Magharebia que "des sermons contradictoires ouvrent la porte à l'extrémisme religieux. Pour endiguer ce risque, nous avons décidé d'un nouveau plan qui institutionnalisera les fatwas à travers la création du of Dar El Iftaa."
Ce projet qui a été proposé, et qui devrait instaurer une autorité religieuse centrale similaire à celle de l'institution égyptienne d'Al-Azhar, est dans l'attente d'une approbation présidentielle.
En Algérie, les fatwas sont prononcées par deux organes : Le Haut-Conseil Islamique (HIC) et les conseils scientifiques.
Ces autorités restent divisées sur un grand nombre de questions. La différence d'opinion la plus récente s'est exprimée le 3 février lorsque Cheikh Bouamrane, Président du HIC, a déclaré sur la radio algérienne que la monnaie zakat ne devait pas être utilisée pour financer la création de micro-entreprises pour les jeunes. Les conseils scientifiques ont exprimé leur désaccord à ce sujet.

Source: magharebia
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