L’Islam confrérique du Sénégal, un phénomène aux multiples facettes

14:40 - February 20, 2008
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Dakar(IQNA)-L’islam au Sénégal est fortement marqué par l’appartenance confrérique de ses adeptes, quatre grandes « écoles » se partageant l’essentiel des croyants, membres de la communauté musulmane nationale.
Les principales confréries, Xaadir, Layène mais surtout Tidjane et Mouride, régissent la vie des Sénégalais, musulmans pour 90% de la population.
Dans ce pays du dialogue islamo-chrétien où l’islam côtoie, en parfaite tolérance, les autres religions, principalement le christianisme, l’appartenance confrérique est une donnée au rendez-vous des pratiques et comportements, une fois que le croyant sort des piliers exclus de toute interprétation.
Sans être majoritaires (leur population tournerait au tour de 30 % des musulmans), les Mourides n’en constituent pas moins la communauté la plus entreprenante du pays, ce qui lui donne un poids économique visible et une incontestable influence politique.
La confrérie Tidjane la plus répandue, avec 51% de fidèles au Sénégal, a pour fondateur Sidi Ahmed Al Tijani, né en Algérie en 1737 et décédé à Fez (Maroc) en 1815. Le tidjanisme a étét introduit au Sénégal vers 1835 par l’illustre chef religieux Cheikh Omar Tall (1799-1864) qui sera relayé par El hadji Malick Sy (1855-1922).
Etabli à Tivaoaune (une centaine de kilomètres de Dakar), El Hadj Malick a fait de cette ville, la capitale du tidjanisme au Sénégal, et aussi, un centre d’enseignement et de rayonnement de la culture islamique.
Il y a créé des écoles coraniques, dont les anciens pensionnaires continuent de faire autorité en matière religieuse dans le pays et ailleurs. La "nuit du Prophète", commémorant la naissance de Mohamed fait de Tivaouane, la ville du deuxième plus grand rassemblement religieux du Sénégal. D’autres familles tidjanes ont, depuis longtemps, intégré le modèle initié par El Hadji Malick Sy, en organisant des manifestions parallèles, à l’occasion du "Mawloud".
La confrérie Xaadir, la plus ancienne, a été introduite au Sénégal au 18ème siècle tandis que les Layènes qui vivent à Yoff (un village traditionnel de Dakar), se singularisent par leur port vestimentaire (toujours de blanc vêtus lors des fêtes religieuses) et l’uniformité dans le nom de famille « Laye » (dérivé de Allah) pour tous les adeptes.
Le fondateur de la confrérie, Seydina Limamou Laye, serait le Mahdi, considéré par ses disciples, comme une réincarnation du prophète de l’Islam.

Source:apa
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