Le président du Haut conseil, l'imam Mahmoud Dicko, a évoqué à ce propos les journées de réflexion sur les questions religieuses, organisées par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales en septembre 2000 à Bamako.
Ces journées avaient enregistré la participation de représentants de départements ministériels, d'associations islamiques et de régions. Elles avaient réfléchi sur l'organisation du pèlerinage, l'observation de la lune et des fêtes religieuses, l'exercice du prêche et le partenariat entre l'administration et la communauté musulmane.
Sur ce dernier point, la rencontre avait préconisé à court terme l'installation d'un organe de concertation regroupant l'Amupi, la Ligue des imams et oulémas, la Coordination des associations islamiques du Mali, l'Union nationale des femmes musulmanes et la Ligue des prédicateurs. Le schéma prévoyait à moyen terme, la création d'un Haut conseil islamique chargé de la coordination des actions au sein de la communauté musulmane et de la gestion des rapports de partenariat avec l'État tout en préservant l'existence et l'autonomie des organisations islamiques.
C'est ainsi que le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales a créé en mai 2001 un comité islamique provisoire. Conçu comme un organe de concertation entre les pouvoirs publics et les associations islamiques, ce comité était chargé de la coordination et de la régulation des actions au sein de la communauté, d'être l'interface entre les pouvoirs publics et le monde musulman, ainsi que d'élaborer les projets de textes régissant la création et le fonctionnement du Haut conseil islamique, etc.
Le congrès constitutif du HCIM a été convoqué à Bamako en janvier 2002 (14-16) sous le patronage de Alpha Oumar Konaré, alors président de la République. Coordonner les actions au sein de la communauté musulmane et servir d'interface entre les pouvoirs publics et la communauté musulmane exigent "des hommes et des femmes à la fois crédibles et compétents pour préserver et renforcer l'union des musulmans en dépit des différentes sensibilités et capables de traduire dans les faits les principes de tolérance et de dialogue chers à l'islam" a jugé Mahmoud Dicko.
Le Haut conseil islamique a tenu le mois dernier son premier congrès ordinaire auquel ont participé 243 délégués venus des 8 régions du pays.
Sur la régulation des prêches au regard des nombreuses déviances, le conférencier a admis que la pratique est une épine au pied de la communauté et préconisé un effort général pour parvenir à l'éradication des dérapages.
Les radios privées ont une grande responsabilité dans ce combat, a jugé le président du HCM pour qui un terrain d'entente doit être trouvé entre les différents acteurs : département, radios libres, associations islamiques et HCIM.
Le Haut conseil s'emploie actuellement à définir un plan d'action propre à combattre le phénomène.
Interrogé sur l'abolition de la peine de mort, Mahmoud Dicko a estimé que cette question ne constituait pas une priorité dans notre pays au regard d'autres urgences comme la sécurité alimentaire. Sur la question, il a évoqué le recours à un référendum.
Le HCIM entretient des rapports cordiaux avec les autres confessions de ce pays. L'archevêché a ainsi été le premier à féliciter l'actuel bureau national du haut conseil, a souligné Mahmoud Dicko qui estime que tout le monde se retrouve dans le HCIM.
Source: essor