"Le nombre de personnes qui se sont rendues à Kerbala a atteint neuf millions", a affirmé le général de police Raëd Shakir Jawdat, le chef de la ville, placée en état de siège depuis plusieurs jours.
Le gouverneur de la province de Kerbala a confirmé ce chiffre, indiquant qu'il s'agissait d'un "record". "Kerbala n'a jamais connu une telle affluence", a ajouté Akhil al-Khazali.
Les rues de Kerbala (110 km au sud de Bagdad), étaient bondées et il était difficile de se déplacer ou d'accéder au mausolée de l'imam Hussein(AS), dans le coeur de la ville.
Les pèlerins y célèbrent l'"arbaïne", la cérémonie qui marque le 40e jour après la mort de l'Imam Hussein(AS), l'une des figures les plus révérées du chiisme, assassiné à Kerbala au VIIe siècle.
Le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui assistait aux cérémonies, a assuré que l'Irak était parvenu à mettre fin aux conflits communautaires.
"Les terroristes voulaient déchirer l'Irak, détruire son unité. Ils voulaient des conflits communautaires et une guerre civile mais vous avez repoussé le spectre de la guerre civile", a déclaré M. Maliki, qui s'adressait aux millions de chiites rassemblés devant le mausolée de l'Imam Hussein(AS).
Pour faire face à d'éventuels attentats anti-chiites, qui ont déjà ensanglanté les processions de pèlerins venant de tout le pays, les services de sécurité ont déployé 50.000 policiers et soldats.
Des barrages, où les visiteurs étaient fouillés, ont été installés à toutes les entrées de la ville, empêchant les véhicules de s'approcher du centre, survolé par des hélicoptères. Quelque 750 tireurs délite ont aussi été déployés sur les toits.
Au sein du mausolée, des centaines de milliers de fidèles priaient dans une ferveur exceptionnelle.
"Labeik Ya Hussein!" (Nous répondons à ton appel Hussein), chantaient en rythme des groupes d'hommes, se frappant la poitrine.
Vêtues de longues abayas noires, la robe traditionnelle, des femmes pleuraient en lisant le saint Coran.
Source: AFP