Projet de mosquée de Samé : plus de dix ans d'embûches

11:15 - March 02, 2008
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Afrique (IQNA)- Après la bataille pour le titre de propriété sur le site, c'est la recherche désespérée de financements pour la construction du lieu de culte dont la nécessité a été brusquement rappelée par le récent incendie de la mosquée provisoire.
Le 10 février dernier, un incendie ravageait la mosquée provisoire de Samè-Kôkô, en Commune III du district de Bamako. Ce sinistre que nombre d'habitants pensent d'origine criminel est le dernier épisode en date d'un feuilleton qui dure depuis plus d'une décennie.
En effet depuis 1997, les habitants de Samé-Kôkô sont à la recherche d'un lieu de prière digne de ce nom. Il faut rappeler que cette année là, une zone de recasement a été affectée ici aux familles touchées par l'aménagement de la route Samé-Kati et à des personnes venues d'ailleurs.
En quelques mois, les premières maisons sortirent de terre et le quartier s'agrandit aussi bien en longueur qu'en largeur. Les habitants du nouveau lotissement qui s'étaient regroupés au sein d'une association dénommée "Sigui Dia" furent vite confrontés à un problème : trouver un endroit où se retrouver durant le mois de Ramadan lorsque les prières collectives sont incontournables pour les fidèles, explique Cheick Tidiane Touré, un responsable de l'association.
Les mosquées les plus proches étaient situées sur la rive gauche de la rivière "Diafaranako". Or avec l'obscurité, le déplacement n'était pas facile à l'intérieur du quartier.
Les habitants eurent l'idée d'aller voir le chef de quartier afin qu'il autorise à construire une mosquée sur une parcelle qui avait été attribuée au quartier pour servir de lieu de culte. Le chef de quartier donna son feu vert et une aire de prière fut vite aménagée.
Mais les membres de "Sigui Dia" constatèrent par la suite que la parcelle sur laquelle ils priaient n'avait pas de titre de propriété.
Ils décidèrent de faire d'une pierre deux coups, en se mettant à chercher le titre et engageant une demande d'autorisation de construire la mosquée.
Mais au moment de l'attribution de la parcelle, quelle ne fut la surprise des habitants lorsqu'ils apprirent que celle-ci avait été morcelée en deux lots ! Le premier Ax1 devant servir de médersa avait été affecté à l'association des femmes musulmanes de Bolibana. Le Ax2 sur laquelle devait être construite la future mosquée est effectivement attribué à la communauté musulmane de Samé.
En 2003, la commission toucha "Almoutada", une autre organisation non gouvernementale très active auprès des musulmans dans le pays. Celle-ci se chargea de mettre le dossier sur internet pour la quête de financements. La démarche ne tarda pas à porter fruit puisque la Ligue mondiale islamique se manifesta. Mais elle édicta plusieurs conditions à remplir pour entrer en possession des fonds. La première condition, et sans doute la plus difficile à satisfaire, était que les habitants du quartier apportent la moitié du financement requis, soit 30 millions de Fcfa.
La commission a lancé un appel à l'aide qui a été diffusé sur plusieurs radios de proximité de la place.
Toujours dans l'attente des financements, les habitants s'attellent à construire une autre mosquée provisoire. En tout état de cause, Samé a fort besoin d'une grande mosquée. La seule qui accueille la prière du vendredi n'arrivant plus à contenir la foule des fidèles toujours plus nombreux.

Source: essor
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