La principale attente à l’issue de ce forum est de faire de l’espace islamique, une zone de développement solidaire.
Convaincu que « dans le contexte de la globalisation, la coopération politique et économique revêt plus que par le passé une importance cruciale », le Burkina Faso participera au plus haut niveau, au Sommet de Dakar. Fort de ce credo, le pays des hommes intègres se verra le devoir d’y œuvrer pour que la solidarité islamique ne se traduise plus en terme de charité, mais de développement économique.
Sans faire le procès de l’OCI, force est de constater que les aides au développement appropriées à ses membres démunies, pour importantes qu’elles aient été, n’en étaient pas moins peu structurées, accordées souvent à la « tête du client », en fonction de la « chaleur » ou de la « tiédeur » des relations du moment.
Avec le Fonds de solidarité islamique pour le développement créé lors du Sommet extraordinaire de La Mecque en 2005, par le roi Abdallah, l’on s’achemine vers une institutionnalisation de l’aide qui va rendre celle-ci plus efficace.
Officiellement lancé le 29 mai 2007 à Dakar lors de la 32e réunion annuelle des gouverneurs de la Banque islamique de développement (BID), le Fonds doit à terme, mobiliser des dizaines de milliards de dollars.
Le spectre d’un monde musulman à deux vitesses qui rend vulnérable l’ensemble de la Oumah devrait disparaître d’autant que le Programme d’action décennal de La Mecque, document d’orientation stratégique de l’organisation adopté en décembre 2005, sera évalué. De nouvelles orientations résolument tournées vers la croissance économique et qui cadrent avec les buts de l’Organisation s’est fixé à sa naissance le 25/09/1969.
Définis par une charte élaborée à Djeddah en mars 1972, ces buts sont entre autres, le renforcement de la coopération entre les Etats membres dans les domaines économiques, sociaux, culturels et scientifiques.
Aussi, elle doit consolider la lutte de tous les peuples musulmans pour la sauvegarde de leur dignité, leur indépendance et leurs droits nationaux et créer une atmosphère propre à promouvoir la coopération et la compréhension entre les Etats membres et les autres pays.
Autre défi à gagner par l’OCI, la promotion du dialogue des cultures par l’abandon notamment de certaines résolutions désuètes. On se rappelle que le 1er septembre 1967, aussitôt après la guerre de six jours qui avait opposé Israël à une coalition de pays arabes, une résolution dite de Khartoum avait été adoptée. Laquelle prônait une lutte permanente contre Israël pour regagner les territoires perdus pendant la guerre, l’utilisation du pétrole arabe et de son extraction comme une arme de guerre, une collaboration militaire entre pays arabes pour se préparer à toute éventualité....
« Pas de paix avec Israël » avec lequel « aucune négociation » n’est possible. C’est vrai que la cause palestinienne et la défense des minorités musulmanes est toujours d’actualité, mais les récents développements de la situation internationale, suggèrent l’abandon de toute idée d’unilatéralisme au profit de politiques de solidarité entre les peuples. La préservation de la stabilité et de la paix à l’échelle mondiale doit demeurer une préoccupation constante de la communauté des nations.
Un agenda chargé pour le Sommet qui mérite que les conditions organisationnelles soient parfaites. A ce niveaux et nonobstant les milliards « déversés » sur le Sénégal pour relever le défi organisationnel, toutes les inquiétudes ne sont pas levées.
Une prédisposition au dialogue qui risque de rester sans lendemain, le contentieux étant trop lourd et ne pouvant être résolu en un laps de temps aussi court. Un test grandeur nature pour l’opposition sénégalaise, qui veut aussi démontrer sa force de frappe à l’ensemble de la Oumah islamique.
Pour autant, le « pape du Sopi » devrait tenir son pari, surtout qu’il a réussi à mobiliser de nombreux sénégalais autour du Sommet, en dépit d’une conjoncture économique difficile. La forte implantation de l’Islam y est pour quelque chose, et, tout devrait aller pour le mieux au « pays de la foi et de la paix », nouveau nom du pays le temps d’un Sommet.
Source: lefaso