L’année 2008 est marquée par la mise en place d’une formation originale. L’établissement accueille des futurs imams d’origine étrangère appelés à officier bientôt en France. Au menu, des cours sur la religion.
L’objectif est d’apporter aux étudiants une meilleure compréhension des relations entre la France et les religions.
Bien accueillie par la mosquée de Paris, qui en est partenaire, cette formation reste controversée.
Origine du problème : le lieu, qui n’est pas assez neutre pour certains. Mais le directeur, Olivier Bobineau, du programme conteste cet amalgame.
"D'une part nous ne formons pas des imams. En France, personne n'est compétent en tant que tel dans l'université publique ou privée pour former des imams. D'autre part, ici nous ne proposons aucune formation théologique, nous n'offrons qu'une formation séculière à l'histoire, à la culture générale, aux droit applicables en France".
Pour la Grande Mosquée de Paris qui assure la formation théologique, l’essentiel est que les futurs imams bénéficient d'une formation complémentaire non religieuse ouverte sur la société civile.
"Vous savez que l’Institut catholique est le premier relai universitaire au monde", déclare Djelloul Seddiki, directeur de l’Institut Al Ghazali, à la Grande Mosquée de Paris. "Ils ont plus de 23 000 étudiants. Par exemple, le rabbin qui veut améliorer son hébreu peut s’inscrire à l’Institut catholique. Pourquoi nous refuser ca ? Moi, ce qui m’intéresse, c’est d’avoir des imams ouverts, tolérants et érudits".
Si la mosquée de Paris ne s’est pas opposée à la collaboration de l’Institut catholique, d’autres associations musulmanes ne sont pas de cet avis.
"Les Français nés ici n’ont pas besoin de ces cours", déclare ainsi Ljaj Thami Breze, président de l’Union des organisations islamiques de France. "Et si on veut les assurer, nous devons les assurer chez nous. Il ne faut pas donner l’impression qu’on a toujours besoin d’assistance. Il faut donner l’impression qu’on est vraiment capable de monter des projets."
En France, la plupart des imams viennent de l’étranger, et l’espoir avec cette formation non religieuse est de leur transmettre les valeurs françaises.
Les premiers diplômés sortiront en 2012.
Source: france24