Finance islamique : Développer l’ingénierie au profit des PME/PMI

11:32 - April 15, 2008
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Sénégal(IQNA)- Les financiers de la sous-région planchent depuis hier sur les moyens de booster la finance islamique qui, au seuil de ses 30 ans d’existence, s’internationalise à partir d’un socle dans le Golfe et en Malaisie, davantage en Europe et l’Amérique, mais reste encore marginale en Afrique.
Le séminaire de deux jours devrait produire des recommandations fortes sur les moyens d’impulsion de ces produits de financement au profit de la sous-région, en vue de consolider les efforts déployés pour une croissance accrue et durable et l’éradication de la pauvreté.
Présidée par le ministre délégué chargé du Budget, Ibrahima Sarr, le «Séminaire sous-régional sur le finance islamique» qui s’est ouvert hier au Méridien Président, en présence du représentant de la Bceao, M. Barro et de diverses institutions financières de la place, devrait permettre de dégager des recommandations sur les initiatives à prendre en matière de réglementation, de formation, d’information et de communication.
Car, il s’agit de rechercher les moyens de développer le mode de financement islamique basé sur les principes de partage et de justice sociale pour lutter plus efficacement contre la pauvreté, selon Mme Fayol Tall Dioum, conseillière technique du Ministère de l’Economie et des Finances.
Revenant aux défis de la Oumah islamique tels que posés lors du dernier Sommet de l’OCI, notamment l’amélioration du bien-être des populations et le financement de leurs économies, M. Sarr a rappelé la proposition du Président Abdoulaye Wade pour le réinvestissement des «masses d’intérêts générés par les dépôts des pays musulmans pétroliers dans les banques occidentales» vers les programmes sociaux de lutte contre la pauvreté.
Pour le ministre délégué au Budget, le mode de financement islamique notamment les obligations islamiques appelées «sukuk», où l’intérêt est prohibé par la «Charia», favorise l’élargissement de l’offre de financement et une diversification des produits, et constitue «une alternative crédible à la finance conventionnelle». Il a pris pour exemple les pays qui l’ont bien compris et marchent sur les pas des précurseurs que sont la Malaisie et les pays du Golfe, la Grande Bretagne et d’autres institutions européennes et, dans une certaine mesure, d’Afrique du Nord comme l’Egypte et le Soudan.
Aujourd’hui, il apparaît qu’en évoluant de l’intermédiation bancaire vers les fonds de développement, les masses monétaires de la finance islamique atteignent 600 à 800 milliards de dollars US, même si la demande a dépassé l’offre. Pour autant, selon M. Sarr, «la cohabitation d’institutions classiques et islamiques au sein de ces grands groupes bancaires et l’intérêt manifesté par les pays d’obédience non musulmane montrent, si besoin est, que la finance islamique transcende les clivages religieux et s’intègre parfaitement dans le système financier international». Le ministre qui a souligné à cet égard les avantages comparatifs des pays de l’Uemoa a remercié les partenaires dans cet exercice, que sont la Bceao, la BID et l’Islamic Financial Services Board (IFSB), pour leur soutien à la réussite de la mission du groupe de travail mis en place et à la tenue du séminaire de Dakar.
La session d’hier a bénéficié de brillantes communications sur l’histoire, les principes et fondements de la finance islamique, les expériences européennes, asiatiques et, dans une moindre mesure, africaines, par les experts Anouar Hassouane de l’IFSB, Ender Demirtas du First Business Management, Dr Sano Koutoub de l’Université islamique internationale de Malaisie, Mamadou Bathily et Babacar Ndoye du Sénégal.
La journée d’aujourd’hui devrait être consacrée aux perspectives de développement dans l’Uemoa, aux aspects juridiques et réglementaires, ainsi qu’à celles liées à la formation, à la sensibilisation et à la communication.
Source: lesoleil
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