La finance islamique pour renforcer le secteur bancaire classique

13:01 - April 15, 2008
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Sénégal(IQNA)- Le Sénégal ambitionne d’expérimenter la finance islamique pour renforcer le secteur bancaire classique, capter des ressources de pays arabes, trouver des sources de financement pour les secteurs des Petites et moyennes entreprises (Pme) et celui de la microfinance.
Pour y arriver, l’utilisation de cet instrument qui aurait fait ses preuves dans des pays comme l’Angleterre, l’Égypte, nécessiterait la modification des dispositifs réglementaires et juridiques avec l’appui de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).
Suites aux recommandations de la dernière Conférence islamique tenue Dakar, le Sénégal, à l’instar de la Oummah islamique veut relever le défi du financement de l’économie pour asseoir un développement durable. Une démarche qu’il veut adopter en procédant à l’élargissement de l’offre de financement et une diversification des produits financiers intégrant nécessairement les nombreuses opportunités fort intéressantes offertes par la finance islamique. Le ministre délégué chargé du budget a fait part de l’ambition du Sénégal d’expérimenter ce mode de financement qui, selon lui, vient renforcer le système bancaire national. Pour Ibrahima Sarr, il s’agit d’abord, par le biais de la finance islamique, d’acquérir des investissements directs étrangers. Le ministre délégué chargé du budget fait savoir que : «la finance islamique est un instrument relativement nouveau pour notre pays mais qui a déjà connu un développement dans certains pays notamment occidentaux». D’après lui, «certains pays comme l’Angleterre et de grands groupes bancaires comme Asespc, Bnp-Paribas et la Citybank qui ont déjà développé ces instruments ont réussi à capter un certain nombre de volume d’investissements très importants de la part des pays du golf».
Le vice-gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), Justin Damo Baro, avance que la finance islamique représente, aujourd’hui, plusieurs centaines de milliards de dollars (au moins 250 milliards de dollars en 2005, si l’on s’en tient aux seules ressources gérées par les institutions membres du Conseil des banques et institutions financières islamiques-Cibafi). Dans cette cagnotte, la part de la sous-région qui ne détient que de deux banques islamiques, est très marginale. Selon Ibrahima Sarr, «la part de l’Uemoa dans le total des actifs islamiques s’établit à 0,01%».
Le ministre délégué chargé du budget avance que le monde actuel est caractérisé par un choc pétrolier qui fait que l’essentiel des excédents sont du côté des pays de confession islamique. Selon lui, ces derniers ont besoin de faire des placements en respectant les règles et principe de l’islam. Ce qui, à l’en croire, est tenté d’être fait à travers ce séminaire de deux jours qui va discuter des instruments, possibilités et opportunités qu’offre la finance islamique. Ibrahima Sarr postule que, «par ce biais, on pourra agréer de grands financements dans notre pays et ce qui va permettre d’augmenter la liquidité nationale dans le sens d’avoir des dépôts qui viennent de ces pays». En plus de cela, le ministre délégué chargé du budget trouve que «ces dépôts permettront à des institutions qu’on voudrait attirer dans le pays de financer les entreprises notamment les Pme qui créent le plus d’emploi et de valeur ajouté». Et d’ajouter : «l’utilisation de ce système permettra également de financer la micro finance et un certain nombre de projets ayant un impact sur la pauvreté».
Source: sudonline
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