Le Sénégal veut expérimenter la finance islamique

9:53 - April 16, 2008
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Sénégal(IQNA)- Pour le renforcement du système bancaire national, le Sénégal a décidé d’étudier la finance islamique dont l’encours des actifs se chiffre, aujourd’hui, entre 270 et 360 mille milliards de francs Cfa environ.
Au regard des statistiques récentes qui estiment l’encours des actifs islamiques entre 270 000 et 360 000 milliards de francs Cfa, la finance islamique se présente de plus en plus comme une alternative crédible à la finance conventionnelle. Conscient de cela, le Sénégal aspire à expérimenter cet instrument contribuant à la lutte contre la pauvreté, relativement nouveau, mais déjà mis en application dans certains pays africain, notamment le Soudan et l’Egypte.
Le ministre délégué chargé du Budget, Ibrahima Sar qui présidait, ce lundi, la première réunion africaine sur la finance islamique, indique : «L’ambition de notre pays, c’est d’expérimenter ce mode de financement qui vient renforcer le système bancaire national. Il s’agit, d’abord, par le biais de la finance islamique d’attirer des investissements privés étrangers.» En effet, explique Ibrahima Sar, «le monde actuel est caractérisé par des chocs pétroliers. Ce qui fait que les excédents de trésorerie mondiaux sont du côté des pays de confession islamique. Et ces pays ont besoin de faire un certain nombre de placements, mais en respectant les principes de l’Islam».
Ainsi, durant ces deux jours, les acteurs du secteur financier discuteront des modalités, des opportunités et des possibilités qu’offre la finance islamique. A cet effet, souligne le ministre sénégalais chargé du Budget, «on pourra attirer de grands financements au Sénégal. Et très concrètement, cela va permettre d’augmenter la liquidité nationale dans le sens de capter des dépôts provenant des pays islamiques, notamment ceux du Golfe. Par conséquent, des institutions bancaires nationales pourraient utiliser ces dépôts pour financer les Pme (Petites et moyennes entreprise : Ndlr) qui créent plus d’emplois et de valeur ajoutée; mais aussi, de financer la micro-finance et un certain nombre de projets qui ont un impact sur la pauvreté».
Le gouvernement sénégalais s’attend donc, à l’issue de ces Assises sous-régionales à ce que la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) s’approprie des conclusions et que des changements et des modifications sur le dispositif réglementaire et juridique puissent être apportées, afin qu’il puisse rapidement, capter des ressources. «Car, il y a beaucoup de fonds qui sont alimentés par les excédents pétroliers des pays islamiques et qui cherchent des sources alternatives au placement», précise M. Sar.
A ce propos, la Bceao s’engage à faire le nécessaire. Le vice-gouverneur Dano Justin Baro déclare : «Déjà, nous avons un arsenal juridique qui permet de faire des aménagements permettant de mobiliser des ressources dans ce sens, et de faire en sorte que la finance islamique puisse accompagner le financement des Pme/Pmi et même la micro-finance.» Et d’ajouter : «Nous sommes tout à fait ouverts au niveau de l’arsenal juridique, de la révision du dispositif prudentiel dans le cadre du contrôle, mais tout en ayant en tête que l’essentiel est de faire en sorte que la solidité du secteur financier au niveau de l’Union soit maintenue, sauvegardée.»
Source: lequotidien
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